Verdicts de la Cour criminelle

arton10256-dafe3La Cour criminelle du Tribunal de Nouakchott-Sud, a siégé la semaine passée sous la présidence d’Ahmed Vall Ould Lezgham, président de la Chambre correctionnelle. A la barre, ont défilé des dizaines de prévenus impliqués dans des affaires de terrorisme, d’enlèvements, de viols et d’autres affaires de droit commun. Devant un public venu nombreux, la prestation des avocats de la défense n’avait d’égale que la sévérité des réquisitoires du Substitut du Procureur de la République. Après délibération, la cour a rendu ses verdicts.

Affaires de terrorisme
Dans le registre du terrorisme, plusieurs prévenus ont été lourdement condamnés. Il s’agit d’Abdallahi Ould Mohamed El Hacen dit « Youness El Mouritani », accusé d’appartenance au groupe terroriste Al Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi), d’atteinte à la sûreté d’Etat, de formation de groupes en vue de commettre des actes terroristes et d’apologie du terrorisme. Il a été condamné à 20 ans d’emprisonnement et devra payer une amende de 20 Millions d’UM et 6 Millions d’UM de frais de justice. L’accusé, robuste à la barre était resté très calme.

Kidnapping et tentative de viol
L’affaire du policier, Yacoub Ould Ahmed, a fait pleurer de rage plusieurs femmes présentes dans la salle, au point que les policiers furent tenter de les expulser. Mais le président leur permettra de rester, en leur demandant de ne faire aucun bruit et que si elles ont envie de pleurer, d’aller le faire hors de la salle d’audience. Dans le résumé des faits, il est établi que Yacoub, vêtu de sa tenue de policier, avec képi, pistolet, menotte et tout l’arsenal d’un vrai flic, s’était pointé un peu avant le crépuscule dans une ruelle d’un quartier de Riadh, aux P.K. Il était assis dans sa voiture, une Mercedes 190, non immatriculée et sans aucune pièce. La voiture avait toutes les vitres teintées, si bien que nulle ne voyait ceux qui étaient à l’intérieur. Vers A19 heures, Yacoub repéra une jeune fille qui sortait de chez elle, pour se rendre à une boutique voisine.

La fille, répondant au nom de Nejatt raconte qu’il l’avait saluée, mais qu’elle ne lui avait pas répondu. Arrivée à hauteur du véhicule, alors qu’elle revenait de la boutique, un jeune homme qui accompagnait Yacoub, ouvrit brusquement la fille et l’entraîna à l’intérieur. Elle déclare avoir ressenti quelque chose sur son visage et perdit connaissance. A cette heure du crépuscule, les ruelles étaient quasi désertes.

Mais un jeune garçon, répondant de Ethmane, 16 ans, avait vu toute la scène. Il se précipita pour sauver la fille. Le type qui accompagnait Yacoub rouvrit la portière, lui asséna une gifle monumentale et l’embarqua dans le véhicule qui partit en trombe. La mère de la fille était sortie et n’aperçut que le véhicule qui filait à une vitesse vertigineuse. Elle soupçonna alors que sa fille, qui avait duré à la boutique, devait être dans la voiture, d’autant qu’elle ne l’a vu nulle part par la suite, malgré ses recherches.

Les hommes du commissaire Oumar de Riadh 2 furent alertés. Le commissaire s’amena en personne avec sept de ses éléments sur le lieu du drame. La femme leur indiqua la direction prise par la voiture. Ils se lancèrent sur ses traces.
Pendant ce temps, Yacoub avait entraîné sa victime dans un coin, accompagné de son complice et du jeune Ethmane bien tenu en main. Alors qu’il tentait de commettre l’irréparable, le commissaire Oumar et ses hommes tombèrent sur lui. A ce stade du récit, trois femmes parmi l’assistance, ne purent retenir leurs sanglots et sortirent précipitamment de la salle. D’autres scandent le nom du commissaire et crièrent au miracle. « Quelques secondes de retard, et l’irréparable allait être commis » commenta l’une d’elle à voix basse. D’autres s’en prirent à la police qui recrute n’importe qui sans se soucier de sa moralité. A quoi, un flic répondit « personne n’est infaillible, c’est pourquoi des hommes de loi se retrouvent en prison ». Le président de la cour ramena le calme.

Il fut rappelé que ce n’est pas la première fois que ce policier, Yacoub Ould Ahmed, n’était pas à sa première affaire. En 2011, il a été condamné à 5 ans de prison pour viol. Une année après, il a été acquitté par la Cour d’Appel, malgré ses aveux, doublé du fait qu’il est aussi un drogué, selon ses propres déclarations. Yacoub Ould Ahmed a été ainsi condamné à 20 ans de réclusion criminelle. A l’annonce du verdict, beaucoup de femmes sont sorties pour danser de joie. Cette fois-ci, elles ont mis en garde la Cour d’Appel, soutenant qu’il mérite amplement ces 20 ans de prison. Son complice, un jeune de 17 ans qui était en détention au Centre de réhabilitation pour mineurs, a été quant à lui libéré. Il a déclaré avoir été floué par le policier qui selon lui, prétendait lui apprendre comment prendre les suspects et les livrer à la police. Un alibi peu convainquant selon certains qui s’étonnent que ce complice puisse jouir d’une telle clémence alors qu’il avait participé à toutes les étapes de ce double kidnapping.

Alcool
Condamné à 6 mois ferme d’emprisonnement pour consommation d’alcool, Yacoub Ould Seyid qui a déjà purgé sa peine en préventive, fut libéré, mais devra payer une amende de 10.000 UM et le même montant pour les frais de justice. Brahim Ould Salem, tombé sous le coup de la même accusation, fut quant à lui libéré, faute de preuves. Ce qui ne sera pas le cas de Mohamed Ould Bilal qui écopé de 6 mois de prison, plus 20.000 UM, entre amende et frais de justice. Les mêmes peines ont été infligées à Aboubekrine Ould Mohamed Vall dit « Zaballah », pour consommation d’alcool, agression et vol. Avec un toupet inhabituel, il s’est même permis de demander au président Ould Lazgham, qui l’a déjà jugé neuf fois et condamné, de lui pardonner cette fois et qu’il ne recommencera pas.

Des salades que le Substitut du Procureur dira ne pas vouloir entendre et qu’il sera lourdement sanctionné cette fois. Mais il sera acquitté, pour la plus grande joie de sa grand-mère. Hachim Bokary écopera quant à lui de 5 mois fermes pour fabrication de Soumsoum, 5.000 UM d’amende et 15.000 UM de frais de justice.

Vol et bagarre
Ely Cheikh Ould Mohamed, accusé de vol, a été acquitté pour manque de preuves. Acquitté également pour les mêmes raisons, le nommé Yacoub Ould Inalla, accusé de s’être bagarré avec un agent de la Routière.

Abou Cissé

Source: lauthentic

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