vers des législatives boycottées par presque toute l’opposition

voteToute l’opposition politique dite « démocratique » devrait boycotter les élections législatives et municipales du 23 novembre en Mauritanie, à l’exception des islamistes du parti Tewassoul qui y voient un moyen de lutter contre « la dictature » du pouvoir.

1,2 million d’électeurs sont appelés aux urnes pour ces élections. Les dernières législatives et municipales remontent à 2006, deux ans avant le coup d’Etat de Mohamed Ould Abdel Aziz, un ancien général finalement élu président en 2009 dans des conditions contestées par l’opposition.

A la clôture vendredi du dépôt des listes, plus de 1.100 avaient été enregistrées pour les municipales qui renouvelleront la direction de 218 mairies. Pour les législatives, 440 candidats seulement étaient inscrits pour 146 sièges à pourvoir, mais leur nombre définitif sera arrêté et validé d’ici à la fin de la semaine, selon la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

L’Union pour la République (UPR, au pouvoir) est le seul à avoir déposé des listes et inscrit des candidats dans toutes les circonscriptions, suivi par ordre décroissant en nombre de listes et de candidats par Tewassoul, puis l’Alliance populaire progressiste (APP) du président de l’Assemblée nationale Messaoud Ould Boulkheir.

Tewassoul est le seul des 11 partis de l’opposition dite « démocratique », rassemblés au sein de la Coordination de l’opposition démocratique (COD), à participer aux élections, considérant que c’est « une forme de lutte contre la dictature » du régime du président Mohamed Ould Abdel Aziz.

La direction de Tewassoul a décidé de sa participation au lendemain de l’échec de négociations, début octobre, entre la COD et le régime. Le reste de l’opposition avait alors rejeté en bloc les propositions du pouvoir sur un report des élections de deux semaines, jugeant ce délai « insuffisant ».

Le président de la COD et du parti « Rassemblement des forces démocratiques » (RFD), Ahmed Ould Daddah, a déclaré dimanche que la coalition envisageait « un boycott actif » pour faire échouer ces élections « illégales et unilatérales » organisées par le pouvoir.

Il a annoncé une marche à Nouakchott le 6 novembre, à la veille du lancement de la campagne électorale de deux semaines.

Rumeurs de report démenties

Une autre partie de l’opposition, dite « modérée », participera aux élections. Parmi ses membres figurent les trois partis formant la Coordination pour l’alternance pacifique (CAP) qui avaient négocié et fait ratifier par le Parlement des accords instituant la Commission électorale, augmentant le nombre de sièges de l’Assemblée nationale de 95 à 146 et pénalisant les coups d’Etat et l’esclavage encore pratiqué en Mauritanie.

Ces accords ont aussi permis d’introduire une forte dose de proportionnelle et accordé une place importante aux femmes pour les législatives qui, si elles n’étaient boycottées par une partie de l’opposition, auraient pu conduire à une Assemblée nationale très représentative.

Le gouvernement a en outre décidé d’encourager les partis à participer aux élections par un appui financier variant en fonction de leurs résultats aux municipales.

Le dépôt des listes s’est accompagné de mouvements de mécontentement de groupes affilés aux partis ayant décidé de participer aux scrutins, pour leur reprocher des choix jugés ici et là « contraires à la volonté de la base ».

En attendant le lancement de la campagne, des rumeurs circulent à Nouakchott sur un report des élections, conformément à la demande de l’opposition. Des médias ont affirmé que la Céni serait incapable techniquement de préparer les cartes d’électeurs pour le 23 novembre.

« Faux, toutes les conditions techniques sont réunies pour la tenue du scrutin à la date du 23 novembre » et les élections « auront bien lieu à la date prévue », a répliqué le ministre de la Communication, Mohamed Yahya Ould Horma.

La tenue de ces scrutins avait déjà été reportée à plusieurs reprises en raison des profonds désaccords sur leur organisation entre le pouvoir et l’opposition.

Par Hademine OULD SADI

Source : Afrique expresse

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