Vie polétique : Une trêve favorable au dialogue ?


La  » guerre des mots  » entre la majorité présidentielle et l’opposition a baissé d’un cran depuis quelques jours. L’état de santé du président Mohamed Ould Abdel Aziz, qui se trouve en France, depuis dimanche, pour  » compléments de soins  » (c’est la raison officielle) après l’incident de Tweyla, a contribué à  » adoucir  » les mœurs politiques des uns et des autres.


L’espoir est à nouveau permis que le dialogue soit relancé ou, à défaut, que l’on accepte, enfin, l’initiative du président de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir, comme possible compromis. L’appel au dialogue lancé par un député de l’Union pour la République (UPR), parti au pouvoir, pourrait ne pas être entendu tout de suite mais ce qui est sûr c’est que rien ne sera plus comme avant.

Même quand le député du parti  » Tawassoul « , Saleck Ould Sidi Mahmoud, rompt la  » trêve « , en accusant l’UPR d’avoir lancé un appel à la tenue des élections municipales et législatives,  » sans tenir compte de l’état de convalescence du président Ould Abdel Aziz  » !

Il ne s’agit-là que d’une manière de faire comprendre que la Coordination de l’opposition démocratique (COD), Tawassoul en tête, ne veut pas lâcher prises, même si l’on sait maintenant que son  » Aziz dégage  » ne dépassait pas le simple cadre de la provocation. La compassion quasi unanime de la classe politique avec le président et sa famille ne laisse plus de doute sur ce que les mauritaniens sont capables d’éprouver comme sentiments relevés, en dehors de leurs guéguerres politiques.

Un incident qui sert à quelque chose

Il s’agit-là sans doute d’une tendance positive qui nécessite d’être confortée par les différents acteurs politiques nationaux. L’Union pour la République, qui vient de sortir d’une harassante session ordinaire de son Conseil national, n’a aucun intérêt à embarrasser le gouvernement qu’elle soutient par l’exacerbation des tentions avec la Coordination de l’Opposition Démocratique.

Le contexte de crise économique non maîtrisée à cause du tarissement des ressources provenant de l’aide étrangère incite le pouvoir à contenir les velléités du front intérieur pour se consacrer aux problèmes nés de l’extérieur, telles la crise malienne et la difficulté de mobiliser les ressources financières nécessaires à la mise en œuvre de l’ambitieux programme de développement du  » président des pauvres « .

C’est d’ailleurs cette donne essentielle qui expliquerait, après l’incident et à deux ans de la fin de son mandat, toute nouvelle attitude du président Mohamed Ould Abdel Aziz par rapport à cette nécessaire volonté de prôner l’apaisement. On comprendrait alors que, sans donner l’impression de faiblir, au moment où la COD reprend l’appel pour son  » départ « , il ne puisse pas franchir le premier pas mais laisse le mauvais rôle à la CPM (Coalition des Partis de la Majorité) pour continuer de donner la réplique à la COD.

Mais ne risque-t-on pas de dire, s’il y a fléchissement du pouvoir, que c’est une  » recommandation  » de la France à l’un de ses précieux alliés dans la lutte contre le terrorisme ? Un conseil d’ami qui faciliterait, selon les analystes, la tâche aux aux différents protagonistes de la crise politique en Mauritanie, s’ils arrivent à impliquer la COD dans les résultats du dialogue avec la Coalition pour une Alternance Pacifique (CAP).

C’est loin d’être exclu, malgré le climat de tension actuel, si l’on prend en compte les récentes déclarations de certains leaders de la COD déclarant que le différend politique avec le pouvoir ne peut pas conduire à souhaiter du mal au président Ould Abdel Aziz. Un peu comme quand elle s’est défendue, en 2008-2009, d’avoir souhaité l’échec de la conférence de Bruxelles ou même l’obtention par la Mauritanie de ressources financières qui profiteront, avant toutes choses, aux populations.

C’est bien d’une réelle trêve politique qu’il s’agit. Elle a seulement besoin d’être consolidée par un premier contact – même informel – entre la COD et la CPM.

L’initiative de Messaoud pour décrisper la situation

Il faut dire que le refus de certaines formations politiques comme l’Alliance populaire progressiste (APP), Al Wiam, Sawab (tous membres de la CAP), l’AJD/MR et Hamam d’être englobés dans la nouvelle Bipolarité est jugé favorable à cet apaisement. Même la démarche entreprise dans ce sens par des partis  » rebelles  » de la CPM (Adil, MPR, RD) et qui va dans le même sens que l’initiative du président de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir, s’inscrit dans ce qui ressemble bien à une mission de bons offices. Un peu à l’image de celle entreprise, dans un autre domaine, par l’érudit Cheikh Mohamed El Hacen Ould Deddew, dans l’affaire dite de la BCM.

Si une telle orientation se précise, les Mauritaniens pourraient bien pousser un ouf de soulagement puisque la solution à la crise actuelle pourrait bien être à Nouakchott et non à l’étranger. Ce sera une bonne leçon tirée du demi-échec de l’Accord de Dakar puisque les clauses du pacte qui a permis l’organisation de l’élection présidentielle du 18 juillet 2009 continuent encore à être interprétées différemment par les deux antagonistes de la crise de l’époque. Une négociation sans intermédiaires étrangers pourrait bien aboutir à des résultats plus probants (plus durables, surtout) que ceux dictés sous la contrainte.

Finalement, la raison pourrait bien prévaloir sur tout le reste. La fuite en avant, l’exacerbation des tensions et le  » profit  » que certains hommes politiques peu consciencieux tirent de toute situation de crise ne favorisent pas le retour de la Mauritanie sur le rail de la démocratie telle que vantée par la communauté internationale, après la transition militaire de 2005-2007.

Plus que tout le reste, c’est la morosité économique actuelle qui constitue le plus fort des stimuli pour que le pouvoir comprennent enfin que son plus grand intérêt est d’aller, résolument, vers ce dialogue avec la COD (après celui mené avec la CAP) et que certains le poussent à refuser.

Source:cridem

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