Vision de Tawassoul sur l’unité nationale : … L’économie du débat national

(TAWASSOUL)Lauthentic : La vision du parti islamiste, le Rassemblement national pour la réforme et le développement (TAWASSOUL) sur l’unité nationale, repose sur un diagnostic exhaustif et sur des solutions pertinentes. De quoi faire l’économie d’un débat national fastidieux, coûteux et compliqué sur la question.

Le parti islamiste Tawassoul a organisé le mercredi 21 janvier 2014 à l’ancienne Maison des Jeunes de Nouakchott un congrès national sur sa vision par rapport à l’unité nationale. Une rencontre haut en couleur qui s’est déroulée dans une salle archi comble, en présence des figures dirigeantes du parti, et un parterre de personnalités politiques, syndicales et des leaders d’organisations des droits de l’homme.

Plusieurs orateurs prendront la parole pour rappeler l’impérieuse nécessité de bâtir un Etat de droit fondé sur la justice, l’égalité et l’équité. Des discours entrecoupés par des intermèdes musicaux sur le thème du jour. Le contenu du document relatif à la vision du parti par rapport à l’unité nationale sera lu en français par le député Hamdi Ould Brahim, Secrétaire générale de Tawassoul.
Le document de 11 pages, fruit de plusieurs mois de réflexion et de révisions, selon ses concepteurs, comporte une introduction générale, un diagnostic du problème, la genèse de la vision, ainsi que ses contours et axes prioritaires

La vision proposée par Tawassoul repose sur les valeurs de l’Islam, facteur fédérateur auquel se reconnaissent tous les Mauritaniens. Le document fait le rappel des différentes crises qui ont menacé l’unité nationale, soulignant que l’Etat mauritanien indépendant n’était pas, dès le départ, porteur d’une vision pour la construction d’une Nation unie sur le principe de la citoyenneté. L’Etat aurait été ainsi incapable de gérer les conflits ethnico-culturels qui l’ont secoué, notamment la crise de 1966 sur l’arabisation. La situation se serait aggravée avec les régimes militaires qui se sont succédés depuis 1978 et qui ont fait le lit du nationalisme débridé. Une situation qui se serait aggravée avec le régime de Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya, conduisant à la fracture communautaire née des évènements de 1989-1992, avec des centaines d’arrestations, exécutions sommaires, déportations, ciblant la communauté négro-africaine.

L’unité nationale, sérieusement secouée, tentera d’être ressoudée, selon le document, sous le court règne de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, avec le retour des déportés mauritaniens du Sénégal. Des mesures qui se seraient poursuivies avec d’indemnisation des victimes et la prière de Kaédi.

La question de l’esclavage, l’autre axe sensible de l’unité nationale trouvera aussi un début de solution avec la loi de 2007 criminalisant les pratiques de l’esclavage et son inscription comme crime contre l’humanité dans le préambule de la Constitution révisée de 2012. Ce début de solution serait le fruit d’une longue lutte menée depuis les années 60 et 70 et qui a trouvé son apogée avec le mouvement El Hor et le fameux procès de Rosso en 1981. Le document mentionne les tentatives des différents pouvoirs à nier l’existence du phénomène, diabolisant et punissant les acteurs qui en portent le flambeau.

Le document reprend ainsi à son compte les revendications des Négro-africains, liés au règlement du Passif humanitaire basé sur les de devoirs de mémoires, de justice, de réconciliation et de pardon, l’enseignement des langues nationales, le règlement du problème du foncier, de l’enrôlement. Dans ce cadre, le document invite à encourager les mariages mixtes intercommunautaires.

Dans le domaine de l’esclavage, il prône l’instauration d’une politique de discrimination positive en faveur des couches défavorisées, représentées essentiellement par les esclaves et les anciens esclaves ainsi que leurs descendances. Le document appelle surtout à se débarrasser de l’héritage populaire néfaste qui appelle au racisme, à la haine ou à l’esclavage. Un appel a été aussi lancé aux Ulémas pour qu’ils participent au changement des mentalités, en luttant contre les fausses croyances liées aux privilèges de naissance et l’interprétation désuète de certains principes de l’Islam.

Avaient pris part à la rencontre, à côté des leaders du parti Tawassoul, en l’occurrence le président Mohamed Jemil Mansour, son vice-président Mohamed Ghoulam Ould El Hadj Cheikh, la sénatrice Yaye NDao Coulibaly, entre autres membres du bureau exécutif et du conseil national du parti Tawassoul, quelques figures bien connues de la scène nationale, à l’image de Moussa Fall, Kane Hamidou Baba, Mohamed Moustapha Ould Beddredine, Ahmed Hamza, Bâ Mamadou Alassane, Balas, Abdesselam Ould Horma, Ladji Traoré ou encore quelques dirigeants du Mithaq pour les droits politique, économique et social des Haratines, avec à sa tête Boubacar Ould Messaoud.

Cheikh Aïdara

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