Visite de François Hollande à Riyad: la diplomatie et les affaires

Le président français François Hollande et le prince Mohammed bin SalmanLe président français achève à Riyad une visite dans le Golfe. François Hollande est ce mardi 5 mai l’invité d’honneur d’un sommet du Conseil de coopération du Golfe consacré aux nombreuses crises du Moyen-Orient. Le volet bilatéral franco-saoudien n’est pas oublié, plusieurs contrats sont en discussion entre les deux parties.

A propos du Yémen, le président français a rencontré le chef d’Etat en exil de ce pays, Abd Rabbo Mansour Hadi. François Hollande soutient l’idée d’une conférence de paix inter-yéménite, qui pourrait être organisée à Riyad. Une perspective pour l’instant rejetée par la rébellion chiite du Yémen comme par l’Iran.

Lors du sommet de ce mardi, il est aussi question de la Syrie. La France et les monarchies du Golfe ont aujourd’hui des positions extrêmement proches sur ce dossier, estimant que Bachar el-Assad n’a pas d’avenir à la tête de ce pays. François Hollande et ses interlocuteurs partagent aussi l’analyse selon laquelle le régime de Bachar el- Assad continue de s’affaiblir.

Autre dossier : l’Iran. La France est appréciée pour sa position ferme dans les négociations sur le nucléaire au moment où les pays arabes du Golfe s’inquiète des conséquences d’un possible accord sur le programme nucléaire de l’Iran dans les prochaines semaines.

Le CCG créé pour contenir la puissance iranienne

Le Conseil de coopération du Golfe réunit six pétromonarchies arabes et musulmanes : l’Arabie saoudite, Oman, le Koweït, Bahreïn, les Émirats arabes unis et le Qatar. C’est sous l’impulsion du géant saoudien, avec l’aval et même des pressions des Etats-Unis qu’il est créé le 25 mai 1981. Officiellement, il s’agit d’assurer la stabilité économique et politique de la région. Mais même si aucun des pays ne l’admet ouvertement, c’est par crainte du poids de l’Iran dans la région, et de l’Irak à l’époque, que l’organisation est mise sur pied. Le Conseil réunit donc les monarchies pétrolières sunnites du Golfe, à l’exception du Yémen, seule République démocratique et dotée d’un véritable Parlement. Le Yémen devrait en principe rejoindre l’organisation en 2016, si toutefois la guerre actuelle se termine par un accord politique entre les bélligérants qui satisfasse surtout le voisin saoudien. Au niveau militaire, les forces armées des pays du Conseil de coopération du Golfe organisent depuis 1983 des manœuvres communes baptisées Bouclier de la Péninsule.

Des contrats pour l’industrie française

Le volet bilatéral franco-saoudien n’est pas oublié. « Le partenariat entre l’Arabie saoudite et la France est passé à une nouvelle vitesse », a déclaré à RFI ce matin le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui est aussi en charge du Développement international. Paris et Riyad discutent actuellement de 20 projets qui, potentiellement, représentent « plusieurs dizaines de milliards d’euros ». Il n’y a pas encore de précision sur la nature de ces projets mais on sait qu’ils concernent les domaines de l’aéronautique, de l’énergie solaire, du nucléaire civil, des infrastructures de transport, de la santé et aussi de l’armement. Selon nos informations, les discussions sont bien avancées pour la vente par la France de patrouilleurs et de frégates à l’Arabie saoudite.

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