Visite de Mohamed Abdel Aziz au Hodh Gharbi : Sacrés Mauritaniens, même éclopés ou mal portants, ils ont la force de danser !

Mohamed Abdel Aziz, de Tintane à Aïn Varba et de Twil à Kobeni.Le président Mohamed Ould Abdel Aziz a achevé sa tournée dans les régions de l’Est et a animé jeudi dernier à Nouakchott, une conférence de presse. Parmi la dernière étape de sa tournée au Hodh Gharbi, la ville-chantier de Termesse, fruit d’un regroupement villageois à la réussite contrastée
Créée il y a trois ans, la ville de Termesse fait partie des quatre innovations en termes d’urbanisation, avec Nbeïket Lehwach au Hodh Charhi, Bourat au Gorgol et Chami à Nouadhibou, initié par Mohamed Abdel Aziz en 2010 pour lutter contre l’implantation géographique anarchique.
Quelques 28 villages avaient en effet consenti à l’époque à se regrouper pour mutualiser les efforts de l’Etat et permettre à ces regroupements de jouir ensemble des commodités d’une cité moderne, avec fortes promesses d’accès aux services sociaux de base, écoles, centres de santé, eau et électricité.
Mais lors de son passage dans cette localité aujourd’hui peuplée de 2.800 âmes, Mohamed Abdel Aziz a entendu les complaintes d’une population qui se déclare abandonnée, sans eau, sans électricité, sans centres de soin et totalement enclavée. Beaucoup d’ailleurs parmi les habitants, auraient rejoint leurs anciens hameaux, déçus par l’expérience.
De telles supplications ont ainsi jalonné tout le périple de Mohamed Abdel Aziz, de Tintane à Aïn Varba et de Twil à Kobeni. Partout, les guerres de clan n’ont pu étouffer la complainte des administrés, qui ont dans plus d’une commune, vilipendé leurs élus et déclaré au président que ces politiciens ne les représentent pas et que d’ailleurs, ils n’ont jamais vu ni maire ni député ni sénateur, avant cette visite.
Cela a été particulièrement valable à Twil dont les populations auraient empêché l’entrée du maire et du député de Tintane d’entrer dans la ville. Ces derniers se seraient ainsi réfugiés parmi les officiels, parqués à quelques kilomètres du reste de la masse populaire, à l’entrée de la ville.
A Kobeni, la police a dû utiliser de la force pour disperser quelques manifestants venus poser à Mohamed Abdel Aziz leurs doléances. Ce qui, selon plusieurs observateurs, est le summum du cafouillis et de la gêne que les autorités administratives locales et les notabilités semblent avoir mal digérés. La tournée que Mohamed Abdel Aziz vient ainsi d’achever doit en principe être pleine d’enseignements pour lui.
Il doit s’être rendu compte que les régions orientales du pays sont devenues encore plus pauvres et plus misérables qu’à son arrivée au pouvoir en 2008 et que les cadres qui étaient sensés traduire ses politiques en actes concrets, ont trahi leurs missions. En bref, la Mauritanie profonde n’a progressé du moindre iota, soumise à l’emprise des tributs et d’une élite qui n’est soucieuse que de sa propre ascension sociale.

MOA

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