Visites présidentielle à l’intérieur du pays : Hop ! C’est reparti pour de nouvelles visitations présidentielles !

Visites présidentielle à l’intérieur du paysMoins de deux semaines après son périple de dix jours dans les deux Hodhs et à Kankossa, le président Mohamed Ould Abdel Aziz s’apprête à un autre périple qui le mènera de l’extrême nord du pays au Sud. Dans le programme annoncé, le Tiris Zemmour, l’Assaba, le Gorgol….
Déjà, c’est la frénésie dans le camp des notabilités et cadres tribaux pour les préparatifs, ce qui risque de nouveau de vider une administration mauritanienne marquée par la contreperformance.
Le mois d’avril 2015 sera aussi riche en visitation que le mois de mars durant lequel, le président Mohamed Abdel Aziz avait sillonné douze départements dans les deux Hodhs et l’Assaba. Tout ce que la République compte comme cadres et notabilités l’avaient suivi dans sa pérégrination, causant la souffrance de milliers d’administrés qui n’ont rencontré que portes closes au niveau du service public.
Dix jours plus tard, la frénésie du voyage reprend. Déjà, c’est l’appel du grand Nord, là où le président Mohamed Abdel Aziz compte se rendre la semaine prochaine .
Cette visite sème le glas depuis quelques jours au sein des cadres ressortissants du Tiris Zemmour. Réunions, concertations et conciliabules sur les préparatifs animent ainsi les élites des régions minières, tout juste sorties d’une diète forcée consécutive à deux mois de grève qui avaient laminé bêtes et hommes.
Mohamed Abdel Aziz arrive ainsi en triomphateur, pour récolter les fruits d’une médiation rondement menée par son ami et confident, Cheikh Ould Baya, le super colonel à la retraite et maire de Zouerate, qui est parvenu à réconcilier la direction de la SNIM et ses employés en grève depuis près de huit semaines.
Mais la ville la plus frondeuse de la République est-elle prête à pardonner et recevoir avec le faste qu’il faut, celui qui somme tout, serait responsable de leurs malheurs, soixante jours consécutifs ? Mohamed Abdel Aziz, qui s’était abstenu de venir à Zouerate au plus dur des souffrances des habitants, préférant à leurs malheurs se détourner vers les étendues orientales du pays, saura-t-il avoir les mots qu’il faut pour regagner l’estime des Ehel Sahel ?
Ces gens-là sont connus pour leur endurance, leur patience et leur gentillesse, mais ils ont le sang chaud et les rancunes bien trempées. Les connaisseurs pensent qu’il faudra encore du temps pour qu’ils cicatrisent leurs profondes blessures.
Il s’agit de celles laissées par l’indifférence quasi méprisante qui, même au détour d’une conférence de presse restée célèbre, n’était pas parvenue à s’atténuer, le président allant jusqu’à minimiser l’apport des ouvriers en grève qui avaient déserté les chantiers, soutenant mordicus que la SNIM se porte mieux sans eux.
Mais que les habitants du Nord le veuillent ou non, l’accueil de Mohamed Abdel Aziz à Zouerate, F’Dérick et Bir Moghreïn sera populaire. Les cadres et notabilités tribaux y veilleront, quitte à importer des mains applaudisseurs dans leurs bagages de Nouakchott.
Nonobstant les rancunes des uns et des autres, certaines sources trouvent que l’arrivée de Mohamed Abdel Aziz dans les départements du Nord permettront certainement de booster des projets cahin-caha, notamment dans le domaine des infrastructures.
Les routes font partie des plus grands chantiers qui accusent des retards, notamment le tronçon entre Twajil et Kseïr Torchane en Adrar, cette précieuse route qui devra achever le raccordement définitif entre Nouakchott et Zouerate, et dont l’une des bretelles, Twajil-F’Dérick, n’accuse que 40 kilomètres de finition depuis son démarrage il y a trois ans.
Après le Tiris Zemmour, le président Mohamed Abdel Aziz devra se rendre à l’extrême Est du pays, en Assaba, puis au Gorgol et probablement au Trarza. Ce sera à partir du 20 avril. Les cadres, notabilités et troubadours de Kiffa, Boumdeid, Guerrou, Barkéwol, ainsi que toutes les localités de l’Assaba qui comptent, multiplient dans la fièvre des grands rendez-vous les réunions.
Chaque département a déjà battu le rappel de ses troupes et les rencontres se multiplient dans les salons feutrés de Nouakchott et les bidonvilles les plus reculées de la capitale. Il en va de même pour les ressortissants de Kaédi, Monguel, Maghama, Lexeïba, Djéol, Tifondé Sivé, jusqu’aux lointains villages au bord du fleuve.
Chaque région, chaque département, chaque tribu, chaque ethnie veut démontrer à Aziz qu’il est le plus représentatif de la volonté populaire, le plus apte à réaliser ses programmes. La danse du ventre remplace l’intelligence à promouvoir le développement socioéconomique auquel aspirent les populaces tannées par la pauvreté, la misère et l’analphabétisme.
Dans tous ses coins et recoins qu’il va visiter, Mohamed Abdel Aziz va se livrer à ses lubies, visites d’écoles, de centres de santé, des centrales électriques et d’eau s’ils existent, écoutera brièvement d’une oreille attentive quelques doléances vite lâchées par des citoyens aux abois avant de rencontrer in finish, les cadres. Il écoutera plus les élites corrompues qui ont tant retardé l’évolution de la Mauritanie que les populations et leurs souffrances.
Encore une fois, les lobbies locaux masqueront les réalités vécues par les autochtones et Mohamed Abdel Aziz pourra alors se laisser berner par ses ministres qui lui diront que « tout va bien, les Mauritaniens vivent le Paradis sous votre Auguste guidance ». Et le tour sera joué.
Cheikh Aïdara

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