- Voici la difficulté, voilà l’épreuve ; la réalité dans le débat, sans bavures, surpasse toute forme d’art…

Maël Aïnine Néma Chérif
On adore se raconter, pour rester politiquement correct, l’histoire d’une Mauritanie multiculturelle, où les quatre langues coexistent harmonieusement, malgré la suprématie hégémonique de l’arabe et du français sur le reste de nos cultures. Et comment ce petit « miracle » se perpétue-t-il ?

Grâce à une hypocrisie mal digérée par certains et à quelques supposées institutions-clés sensées assurer ou qui assureraient la cohésion nationale. Pour enfin donner corps à l’unité nationale, qui en a vu des « vertes et des pas mûres »depuis notre « indépendance »,l’institut hiberné des langues nationales devrait pouvoir essaimer dans le pays des écoles libres, dès le primaire, pour enseigner ce patrimoine commun parlé (wolof, hassanya, pullar et soninké) et …

…oral par le biais de l’anglais, de l’arabe du français et même par le moyen du chinois qui devrait ,par stratégie prospective, être enseigné à nos jeunes générations, et cela selon la libre orientation de chacun, loin de toute confrontation politique, afin de promouvoir et enraciner une juste cohésion nationale.

N’en déplaise aux extrémistes de tout bord !… Pour le citoyen-soldat, c’est l’armée qui permet aux conscrits de découvrir jusqu’aux moindres recoins de notre pays afin de mieux le défendre, le sécuriser. Avec dans les états-majors et l’administration militaire un mélange idéal, ô combien souhaité, de maures, de wolofs de pullars et de soninkés. On savait que la réalité était très différente de la légende. Mais à ce point : les chiffres que j’ai, que nous savons tous, après moult observations, sont renversants.

Il n’y a pas le moindre(x) ni(y) dans les officines les plus importantes du département de la défense, soit à l’état-major ou dans les commandements de régions .Et la situation n’est pas beaucoup plus brillante dans d’autres ministères. Ce surréalisme révélait déjà l’étendue des dégâts. D’aucuns, nous avaient assuré alors, qu’aux échelons inférieurs de la hiérarchie, la répartition était beaucoup moins inégale.

Le cas de l’administration militaire est particulièrement alarmant, car il révèle une volonté à peine voilée de n’engager que des (z) ou des (k).

La grogne sourde de jeunes officiers et hommes de troupe dopés par des coups d’états qui deviennent, à force des coups d’éclats de démocratie travestie, défigurée, hors contexte ;en plus du spectre des frères d’armes pendus à Inal ,ou d’autres locataires éternels de fosses communes ,cela fait de notre armée, au demeurant bien outillée et vaillante pour servir la défense de l’intégrité territoriale, une sorte de cocotte-minute prête à imploser si la vraie justice ,l’équité et la réelle démocratie sont encore hors champs, occultées.

Pourquoi ce dysfonctionnement caricatural de l’administration militaire et dans une moindre mesure, du département des finances, de celui des transports, de la culture et d’autres, est invisible au commun des mortels ?

Principalement parce que les dirigeants politiques, comme certains managers d’entreprises publiques et privées d’ailleurs, pensent, à tort, qu’un groupe fonctionne mieux quand ses membres ont une origine commune et parlent la même langue .Parce que, à leurs yeux, la monoculture des équipes est un gage d’efficacité et permet d’éliminer les pertes de temps inutiles .Aberrant !

Ce mépris des questions de diversité n’est pas seulement en contradiction avec le modèle multiculturel mauritanien dont on se gargarise volontiers. Il est aussi contraire à la loi. Surtout ,face à des problèmes complexes, qui exigent d’être débattus et considérés sous plusieurs angles, cette dérive est appauvrissante et contre-productive .Voire même dangereuse !.Et pas seulement quand il s’agit d’armée et de sécurité.

Toute la classe politique mauritanienne, à peu d’exceptions près, qui comme les horloges indiquent une heure et en sonnent une autre, est désavouée aux yeux de l’opinion mauritanienne. Les familles non nanties peinent à boucler les fins de mois, les taxes se sont multipliées par dix.

Dans les écoles, pour ne citer qu’un exemple, le matériel élémentaire minimum est inexistant. Les enseignants, qui ont vu leurs salaires diminuer de manière drastique, sont priés de nettoyer les classes et les W.C. Ils n’osent même pas écrire au ministère de l’éducation pour réclamer un budget pour le matériel pédagogique et…les produits d’entretien.

Oui!, les Mauritaniens sont à bout, ils veulent du changement, pas du change qui ment !, ils n’en peuvent plus des « grandes familles » au pouvoir et de leurs sempiternelles manœuvres politiciennes dont certains médias locaux ont trop longtemps fait leurs choux gras. Ils appellent de leurs vœux un efficace gouvernement d’unité nationale « démilitarisé », fermement bien dirigé.

Nous avons besoin d’un changement d’image, de quelqu’un ou d’une équipe qui représente le côté pragmatique. Nous regrettons l’absence de sanctions généralisées pour les responsables ne remplissant pas les objectifs requis ; là ,je saute du coq au chameau pour me faire plaisir…

Au pays du million de saints, de républiques et de poètes, il n’y a que la paix et la justice sociale qui puissent être saintes. L’argent ne manque pas dans notre pays, mais il est mal utilisé, mal investi et mal réparti, bref, il s’évapore sous d’autres cieux…La finance doit être au service du bien commun. La question dérangeante est celle-ci : qui a donné le pouvoir aux financiers ?

N’est-ce pas l’oligarchie politique qui s’est lancée dans une fuite en avant, en s’endettant au-delà de ses capacités de remboursement, afin « d’acheter » les voix des électeurs ? Le débiteur est toujours à la merci de ses créanciers .Le peuple a-t-il jamais été consulté pour que le gouvernement dépense plus qu’il ne gagne ?

Ce que contestent aujourd’hui les indignés mauritaniens, c’est l’absence de réelle démocratie. Il apparaît en effet que la démocratie parlementaire manipulée est à bout de souffle ; elle est responsable de la crise financière et économique, et elle se trouve incapable d’y remédier. La Mauritanie sort annuellement des centaines de milliards d’ouguiyas d’un « turban »sans que quiconque soit consulté !

Vous appelez cela de la démocratie ? C’est donc bien une oligarchie politico-financière qui dirige le pays, et non pas le Président Mohamed Ould Abdel Aziz, à moins qu’elle ne l’a « ensorcelé », au quel cas le peuple, en parfait exorciste, le désenvoûtera lors des prochaines échéances électorales ; mais, c’est elle qui est remise en cause.

Nous sommes à la croisée des chemins : soit le mouvement « virtuel » des indignés se transforme en association de résignés, laissant la démocratie parlementaire sombrer dans la démagogie, soit il se transmute en action de révoltés. Espérons que la révolte suffira et la révolution nous sera épargnée, pour redonner la parole aux sans voix de Mauritanie et obtenir la démocratie directe.

Je rêve d’un sublime article constitutionnel qui institue la collégialité du pouvoir présidentiel : un président élu démocratiquement, secondé par quatre vice-présidents issus de toutes les composantes nationales.

Revoir notre constitution ,ce ne sont pas les « scalpels » constitutionnalistes qui manquent à Nouakchott, en y ajoutant un nouvel article juridiquement précis et bien encadré et le soumettre au référendum populaire ;et qui stipulerait que le président est élu pour un mandat de deux ans ,et suite à un vote interne du pool présidentiel où la voix du président sortant est prépondérante, un des quatre vice-présidents est choisi pour le remplacer, et ainsi de suite tous les deux ans, pour permettre à tous les vice-présidents, chacun à son tour, de tenir le gouvernail et d’être la vigie du pays…

Et une décennie après ,une grande campagne présidentielle, digne de ce nom et toute transparence sera lancée, pour choisir un nouveau ou ancien président accompagné des quatre vice-président pour continuer, selon les vœux des Mauritaniennes et des Mauritaniens ,à construire une société musulmane « libre et juste ».

Avec ceci en plus : ce futur pool présidentiel sera neutre et au-dessus des partis politiques ,donc avec et pour le peuple…pour, entre autres, éviter, le si usité, dosage régional, tribal, ethnique et autres ,afin d’être ,désormais ,ad vitam aeternam, en rime et en prose, en hauteur, très au-dessus des misérables cuisines politico-politiciennes. Ainsi la Mauritanie pourrait être un modèle émergent de réforme de la démocratie Arabo-africaine.

Bien que gare aux mirages et à l’arbre qui cache la forêt, à bon entendeur, salut et paix !

Maël Aïnine Néma Chérif

 

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Commentaires

  1. Anonyme a écrit:

    bjr

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