Voilà ce qui arrive quand un hartani devient éduqué…

ob_cbe126_roi-maureQuand on regarde cette vidéo, on a beau dire à juste titre que Birame a pris la mauvaise trajectoire, les mauvais mots jusqu’aux plus faux en parlant d’apartheid stricto sensu en Mauritanie au point qu’il mérite même d’être jugé pour cette propagande mensongère à l’étranger mais il n’en reste pas moins qu’on ne peut qu’être touché par ce que dit ce jeune hartani musulman au milieu des croyants venus à la prière. A tel point que lorsqu’il se fait raccompagner calmement par les policiers, celui qui filme termine la vidéo en disant à son voisin «  pourtant il n’a rien dit de mal » et l’autre répond « en effet… » avec le ton du témoin calme dont il faut se méfier comme du juste qui ne dort plus que d’un œil.
De la même manière qu’on ne peut combattre les islamistes radicaux qu’en ayant de sérieuses connaissances religieuses, on ne peut combattre une injustice à caractère communautaire qu’en ayant des arguments justes permettant à tous les citoyens de bonne foi d’adhérer au discours ou du moins de saisir lafrustration qui le motive.
Il faudrait encore une fois traduire ce que dit ce jeune hartani devant les gens venus à la prière. Il s’exprime en hassanya mais en citant des versets du coranen arabe. En gros, il énumère des paroles de Dieu et les juxtapose avec la réalité injuste envers les hratines telle qu’il la dénonce.  Il dit par exemple  que pour Dieu il n’y a pas de différence entre  blancs et noirs alors que les  biranes (maures blancs) disent que  tel n’est d’une grande tente que lorsqu’il est birani.
Ce jeune hartani énumère ainsi plusieurs exemples pour montrer, selon lui, que le système politique, militaire et même religieux est dirigé par des gens qui ne respectentni la parole de Dieu ni celle du prophète car, comme le dénonçait Ould Mkheitir à propos des zouayas, ce jeune hartani décrit un système hypocrite au sens religieux du terme et  discriminatoire dans la réalité militaire et administrative.
Il reprend en quelques mots les arguments contenus dans le manifeste du hartani opprimé que le vieux Said Ould Homody, allah yahrmou, a voulu remettre à Aziz qui n’a jamais voulu recevoir le vieux diplomate. Le hartani dit en vrac que les généraux, les colonels sont des biranes, que les biranes sont à l’aise  dans le Brakna pendant que les hratines triment avec des pelles et leurs femmes en domestiques comme il assure que pour des centaines de hratines en prison on ne trouve que 5 biranes.
Malaise général car rien de ce qui dit n’est offensant puisque chacun sait qu’il n’y a plus de discrimination positive envers les hartines en Mauritanie surtout depuis Aziz qui dès les premiers jours de son pouvoir a surtout favorisé dans l’armée les négro-mauritaniens qu’il semble préférer aux hratines certainement car il a grandi à Louga. Ainsi les tous premiers généraux étaient pour 2/3 des négro-mauritaniens.
Nous avions fait remarquer cela très tôt mais rien n’a vraiment changé. Un hartani blanc  a été nommé général mais il paraît qu’il ne supporte pas qu’on lui parle de ses racines hartaniennes. Ensuite un autre, médecin, a été promu général avec un faible commandement.
Pourtant, bien après ces maures noirs qui ont conquis le sud de l’Espagne,
 les hratines guerriers allaient combattre en première ligne avec leurs frères biranes.
D’ailleurs contrairement à la légende qu’on fait avaler aux biranes, c’est un hartani qui a tué Coppolani comme le rappelait avec une douteuse fierté Samory Ould Beye puisque Coppolani était le colon pacifiste par excellence, désarmé d’ailleurs au moment de l’attaque qui n’a pu réussir, ironie du sort, que parce que Coppolani ne voulait pas mettre à l’entrée des tirailleurs car ils tracassaient les maures.
 
Peut-être que si le général civilisé Aziz avait fait la guerre sur le terrain avec ses frères hratines, il aurait apprécié la tradition fraternelle en matière d’honneur militaire. Hélas, la génération desmilitaires de salon a pris les défauts des civils en matière de préjugés.
Que dire du reste ? Il faut lire le manifeste du hartani opprimé pour réaliser l’étendue du malaise comme si tout avait été fait pour que les masses hratines donnent raison à Birame…
Ainsi créer un malaise au sein des communautés face à la marginalisation manifeste, laisser pourrir le discours de la division, finir par inquiéter tous les maures pour qu’ils courent vers le pouvoir  azizien manipulé par ceux qui en ont fait ce qu’il est à savoir un pouvoir sous lequel jamais les mauritaniens n’ont été aussi divisés.
Jamais avant Aziz, le discours haineux entre maures  ( blancs et noirs ) n’avait atteint un tel paroxysme.
On ne nous fera pas croire que tout cela n’est pas calculé. Il appartient aux historiens de savoir à partir de quand la Mauritanie est tombée aux mains d’un petit groupe d’intellectuels racistes dangereux pour tous les maures car ils sont habités par des délires identitaires fruits de leur trajectoire personnelle nourrie de leurs errances intellectuelles et de leur métissage complexé.
L’heure est grave pour la société maure  plurielle.
Tout est fait pour provoquer les haines des hratines du petit peuple jusqu’à nourrir des drames qui seront immanquablement matés violemment. Ce sera le dernier acte des criminels qui ont pris en otage ce pays pour en faire une terre de racisme généralisé de tous bords contrairement aux cultures locales séculaires car ne sont d’ici que les peuples métissés et fiers de l’être, tout le reste relève de l’identité arrivage.
Aziz n’est pas un raciste, c’est juste un homme qui n’a jamais su prendre ses responsabilités pour affronter les archaïsmes de la société.  Au contraire, il semble avoir cultivé le pire pourvu que la division stabilise le règne du pouvoir  d’obédience médiévaledont il est le dernier fer de lance. 
 
Ainsi, Comme ce qu’il a fait avec les banquiers de l’ère Taya, il a juste voulu que tout le monde se tienne tranquille car il a peur de tout mouvement dans la société quitte à faire le jeu petit à petit des forces  en présence les mieux organisées, celles qui peuvent agiter le petit peuple ignorant entre leurs mains qui sont par nature  les conservateurs les plus proches du pouvoir quel qu’il soit à savoir les clans gangrénés par le délire identitaire.
Aziz de par sa trajectoire personnelle en matière de loyauté, laisse l’image d’un misanthrope qui pense qu’on tient mieux l’être humain par la corruption que la conviction. La noblesse de l’âme semble être pour lui un cinéma de conte pour enfants sous nos terres juste bon pour tenir les masses loin de la conscience de leurs forces. Aziz par expérience sait que chez nous on avancepar des coups tordus et on prospère par l’exploitation et l’enfumage garanti par l’intimidation et la force militaire.
En cela, sa réussite est le meilleur avocat de cette philosophie.Son rapport à la justice est une conséquence de ses accommodements personnels avec la chose. De là qu’il pardonne souvent aux grands voleurs pris la main dans le sac et finit même par les réhabiliter comme si au fond de lui,  il estimait qu’il était mal placé pour les accabler car n’eût été l’armée qu’il tient, il pourrait lui-même répondre à la justice d’autres que lui à sa place.
Tout cela à cause de son coup d’état contre un président élu. Tout le reste n’est que la conséquence de cette arrivée marquée à jamais du sceau de la tyrannie et de l’usurpation car Aziz ne voulait pas arriver par ce chemin.  C’est Sidioca qui lui a fait ce coup terrible car Aziz voulait arriver pacifiquement et même démocratiquement grâce aux frondeurs alors bien partis pour créer des troubles et pousser Sidioca à la démission.
Aziz aurait certainement préféré continuer à régner dans l’ombre du pouvoir civil mais les décrets de Sidioca le limogeant l’ont précipité dans l’arène. Depuis il essaie de tout faire pour respecter les apparences démocratiques surtout que, chez nous, qui tient le pouvoir peut se faire élire démocratiquement.
Le crime démocratique de son arrivée fut le germe d’un complexe majeur qui le poursuit encore car il se dit que s’il part demain, il pourrait toujours éventuellement être jugé. Comment alors préparer un départ serein ? C’est certainement le but dudialogue qui s’annonce : rester d’une façon ou d’une autre ou ne pas vraiment partir pour mieux revenir car chez nous le pouvoir ne se quitte que par la force depuis l’indépendance à nos jours.
Tout ça pour quel bilan azizien ? Une monnaie relativement stable, quelques infrastructures, une liberté d’expression qui se paie cher indirectement mais surtout avec Aziz, la Mauritanie est devenue une caserne où tout flétri en douce ; ne tiennent que les apparences et les artifices. La sécurité physique est assurée mais au prix d’une insécurité psychologique au cœur de toutes les communautés.
En somme : un grand gâchis de force…
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