VOLCAN DU SUD : Le sabotage scolaire

arton7291-f0afbAutrefois, la rentrée des classes, était fixé au 1er jour du mois d’octobre de chaque année. Aujourd’hui, la date a été décalée jusqu’au 3 octobre. Le premier sabotage scolaire, c’est que les élèves ne respectent plus cette date. que ça soit à la badiya ou en villes, pour des raisons personnelles. Les élèves et leurs parents ne regagnent les établissements que suivant leur bonne humeur. Les élèves absents, les maitres se présentent seuls dès la 1er journée d’entrée. Après quinze jours d’ouvertures, ou à la fin du mois, les écoliers font leurs apparitions. En cette date d’octobre 2013, les retards et les absences sont nombreux. Les Inspecteurs départementaux (IDN) ont beau être troublés cette situation, les mauvaises habitudes ont une dure tête. Dans les régions les IDN se sont finalement rendus à l’évidence. Ils n’ont pas les moyens pour venir à bout des contrôles de routine auprès de cette masse d’enseignements. Le foisonnement des établissements scolaires rendent ainsi les contrôles difficiles. Les effectifs manquent autant que les moyens de déplacement .L’inspecteur de l’enseignement est aujourd’hui désarmés. Il a perdu son prestige. L’Etat n’a plus le monopole du pouvoir puisque l’inspecteur n’est plus craint. Sur un vaste territoire ou il ne peut accéder, le chat qu’il est se fait rare et les « souris peuvent alors danser » Aujourd’hui l’Etat et les Inspecteurs ont tous perdu leur autorité. C’est pourquoi, les « prof » et les enseignants se la coulent douce et s’en fichent de la République. Ils font autre chose que leur mission d’enseigner, ils font le commerce, la politique, le transport, etc.

Comme l’Etat est devenu très faible, les enseignants peuvent ainsi se payer le luxe de déserter les écoles. D’ailleurs, parmi, cette foule d’enseignants, il ya du tout : des cancres, des passables, des médiocres, des compétents à l’extrême, des grands patriotes. Mais, l’Etat ne cherche pas à trier la bonne graine de l’ivraie. Il a jugé qu’en faisant grossir les enveloppes des indemnités pour tout le monde, il réussira à faire des enseignants de vrais enseignants. Cet argent n’a finalement servi à rien, surtout jeter les maigres ressources du pays par les fenêtres. Le problème est un que les enseignants n’ont plus de conscience professionnelle ni de patriotisme. Un point c’est tout….

Beaucoup abandonnent leur poste, ou refusent de regagner leur lieu d’affectation, puisqu’ils ont des appuis quelque part. Les autres ne craignent rien. Ils n’ya pas de sanctions, sauf pour les plus faibles. Le sabotage de l’école mauritanienne continu ainsi. Les demandes d’explications, les congés, les procès verbaux, les affectations arbitraires, n’arrivent jamais au bon port et les autorités concernées ne s’en soucient guère. Déçus de la performance de l’école publique, les populations rurales se déplacent vers les centres villes à la recherche de bonnes études pour leurs enfants, dans des établissements privés qui se sont multipliés comme des essaims d’oiseaux à Nouakchott et les principales villes. C’est là où les meilleures compétences se trouvent, même si ce type d’enseignement privé a davantage creusé le fossé entre riches et pauvres, séparé les Mauritaniens en deux groupes communautaires qui suivent chacune un parallèle.

Il n’y a plus de préparation dans les cours. A sa place, l’improvisation parmi et le laisser-aller. Les affichages , la correction des cahier, appartiennent désormais au passé. Tout le monde fait semblant de travailler, alors que l’appât du gain l’emporte sur les résultats scolaires. Parmi les enseignants, il ya les fils à papa les intouchables. La corruption n’a pas fini de faire des ravages énormes dans la famille scolaire.

L’Etat continue de fermer les yeux devant la déperdition de l’école mauritanienne. Dans ce drame, chacun a sa part de responsabilité, les inspecteurs, les directeurs, les Walis, les enseignants, les parents d’élèves. Chacun est à la recherche effrénée du gain.

Le désastre impose aujourd’hui l’implication des femmes et des hommes de bonne volonté. Ce n’est pas les mesquins et les affamés qui vont améliorer l’enseignement. Il y’a une grande pagaille ou l’Etat est le premier responsable. Cette pagaille a été instaurée très longtemps, avec les autorisations de cassation d’actes de naissance pour pouvoir passer l’examen d’entrée à l’école Nationale des instituteurs.
Tout s’en va avec le temps. L’école publique déchire et la privée triomphe. Quelle sera l’avenir de demain ?

Cheikh Ould Hmeyed
Enseignant à la retraite
Source : Lauthentic

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