Yémen: les miliciens chiites signent un accord avec le président

Miliciens chiitesSelon  l’agence d’information yéménite officielle Saba, les miliciens chiites houthis et le président Abd Rabbo Mansour Hadi ont conclu un accord pour mettre fin à la crise qui secoue le pays.

Selon le texte de l’accord, publié par l’agence de presse officielle Saba, les miliciens de Ansaruallah, aussi appelés Houthis, se sont engagés à quitter le palais, où ils étaient entrés mardi et avaient saisi d’importantes quantité d’armes et équipement militaires, et à libérer le directeur de cabinet du président Hadi, Ahmed Awad ben Moubarak, enlevé samedi.

En échange, le projet de Constitution auquel ils sont opposés, pourra être amendé et les Houthis ainsi que « le mouvement sudiste pacifique, et toutes les autres factions politiques privées de représentation équitable dans les institutions de l’Etat auront le droit d’être nommés dans ces institutions ». Ces mesures seront mises en place « immédiatement ».

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a immédiatement réagi, estimant que l’accord accédait à la plupart des demandes des miliciens. Les Etats-Unis avaient appelé mercredi à une résolution pacifique du conflit au Yémen, qu’ils considèrent comme un pays clé de la lutte, notamment à l’aide de drones, contre al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa).

Le Conseil de sécurité de l’ONU avait aussi fustigé le coup de force des Houthis, et apporté son soutien à Abd Rabbo Mansour Hadi, tout comme le Conseil de coopération du Golfe (CGG), qui regroupe les monarchies arabes voisins du Yémen.

La pression était également forte sur le Premier ministre Khaled Bahah, qui a été autorisé mercredi à quitter la résidence du centre de Sanaa où il était bloqué depuis deux jours par des miliciens chiites. Il a pu se rendre vers une « destination sécurisée » après avoir négocié sa sortie, selon un porte-parole du gouvernement.

Affaiblis à Sanaa, les dirigeants ont reçu le soutien des autorités du sud du pays, dont M. Hadi est originaire et qui est majoritairement sunnite. A Aden, la grande ville du sud, l’aéroport et le port ont été fermés sur décision du Comité de la province, pour protester contre les « atteintes au symbole de la souveraineté nationale » qui est le président Hadi.

Cette réaction met de nouveau en lumière les profondes divisions entre le nord, fief des chiites, et le sud du Yémen, qui se sont fréquemment opposés par les armes dans le passé. Des responsables militaires favorables au chef de l’Etat ont accusé des fidèles de l’ex-président Ali Abdallah Saleh de soutenir activement les miliciens Houthis.

Chassé du pouvoir à la suite d’un soulèvement populaire en 2011, M. Saleh garde une forte influence et des réseaux qu’il a soigneusement tissés dans l’armée et parmi des tribus durant ses 33 ans de présidence. Son parti a indiqué mercredi que M. Saleh était favorable à des élections présidentielle et législatives anticipées.

Source : RFI

Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge