Yémen: les pays du Golfe appelés à intervenir militairement

Les rebelles chiitesAu Yémen, après leur appel à la mobilisation générale pour prendre le sud du pays, les rebelles houthis ont dépêché plusieurs milliers d’hommes et des dizaines de blindés près de Taëz, ville du centre dont ils contrôlent déjà l’aéroport. Ils visent également le port d’Aden, où se trouve le président Mansour Hadi. Lundi, le ministre yéménite des Affaires étrangères a lancé un appel à l’aide aux pays du Golfe.

« Nous appelons le Conseil de coopération du Golfe à intervenir militairement pour stopper l’avance des Houthis soutenus par l’Iran », a déclaré le ministre yéménite des Affaires étrangères lundi. Il rappelle que les rebelles gagnent du terrain (voir encadré), occupent des aéroports et des villes, mènent des raids aériens à Aden et arrêtent qui bon leur semble. Cet appel montre l’inquiétude grandissante du gouvernement d’Abd Rabbo Mansour Hadi.

Mais une intervention du Bouclier de la péninsule, l’outil militaire du Conseil de coopération du Golfe, nécessiterait l’unanimité des six pays membres. Or aucune réponse n’a été donnée pour l’instant.

Le ministre des Affaires étrangères saoudien Saoud al-Fayçal a toutefois déclaré que les pays du Golfe prendraient les mesures nécessaires pour protéger la région contre l’agression des milices chiites houthis si une solution politique s’avérait introuvable, sans plus de précisions.

S’exprimant lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue britannique, Saoud al-Fayçal a rappelé la nécessité de réunir rapidement les parties au conflit autour d’une conférence de réconciliation à Riyad, conférence convoquée par le roi d’Arabie saoudite à la demande du président yéménite. Aucun de nous ne souhaite une action militaire, a renchéri Philipp Hamond. Mais les Houthis ont rejeté l’offre de dialogue.

Bab el-Mandeb, un détroit stratégique menacé par les rebelles

La prise de Taëz permettrait aux milices houtis de menacer le détroit hautement stratégique de Bab el-Mandeb. Large d’une trentaine de kilomètres seulement, il sépare le Yémen de Djibouti, la péninsule arabique du continent africain. Ce détroit de Bab el-Mandeb est considéré comme l’une des zones les plus importantes au monde en termes de trafic maritimes. Tout navire souhaitant passer le canal de Suez est obligé de l’emprunter.

En s’approchant du sud-ouest du pays, et donc de ce détroit de Bab el-Mandeb, les miliciens houttis venus du Nord pourrait donc menacer un secteur considéré comme hautement stratégique par un très grand nombre de pays : l’Arabie saoudite, qui en a besoin pour exporter son pétrole ; les Etats-Unis et la France, qui disposent d’une base militaire à Djibouti ; Israël enfin, dont le port d’Eliat est situé sur la mer Rouge.

Pour tous ces pays, voir les miliciens houtis contrôler l’une des rives de ce détroit serait d’autant plus préoccupant que ces miliciens chiites sont considérés comme des alliés de Téhéran. L’Iran, qui est déjà en mesure de perturber le trafic dans le détroit d’Ormuz, à l’autre extrémité de la péninsule arabique, disposerait ainsi d’un moyen de pression supplémentaire sur la scène internationale.

Source: RFI

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