Yémen: un premier convoi d’aide humanitaire vivement attendu à Sanaa

Des habitants d'un village de l'ouest de SanaaLes combats font toujours rage au Yémen entre rebelles chiites liés à l’Iran et partisans du président Ali Abdallah Saleh, soutenus par l’Arabie saoudite. La situation humanitaire est particulièrement « catastrophique » à Aden, selon le Comité international de la Croix-Rouge et Médecins sans frontières. L’organisation espère qu’un premier convoi pourra être acheminé ce mercredi à Sanaa.

La Croix-Rouge espère faire atterrir mercredi 8 avril à Sanaa un premier avion d’aide. A son bord, 16 tonnes de médicaments, chargés en Jordanie. Une deuxième cargaison de 32 tonnes pourrait suivre jeudi. Une aide qui est fournie dans un contexte dramatique. Selon la porte-parole de la Croix-Rouge à Sanaa, Marie-Claire Feghali, « la guerre a gagné tous les coins de la ville » d’Aden. La plupart des 800 000 habitants de cette ville « ne peuvent même pas s’enfuir ». Des cadavres et des blessés « restent parfois abandonnés dans la rue, personne ne pouvant s’aventurer pour aller les retirer ».

« Nous avons au total 48 tonnes d’aide. Les 16 premières tonnes arrivées à Sanaa suffiront à soigner 15 000 blessés. Nous avons également une équipe de chirurgiens qui attend d’embarquer à Djibouti pour Aden. Mais avec les intenses combats à Aden, il est très difficile pour nos équipes de circuler dans la zone ou d’y accéder, explique
Sitara Jabeen, la porte-parole de la Croix-Rouge internationale. Nous attendons que les parties du conflit, côté Yémen et côté coalition, nous permettent d’envoyer ce bateau depuis Djibouti et cette aide médicale à destination des hôpitaux à Aden afin de venir en aide d’urgence aux gens. Là-bas, la situation est très difficile. L’acheminement de l’aide est impossible dans de nombreuses régions. A Aden, nos équipes nous racontent que des corps jonchent les rues et qu’on ne peut même pas les ramasser à cause des combats. La situation ne fait qu’empirer. »

Selon l’Unicef, ce sont au moins 74 enfants qui ont été tués et 44 blessés depuis le 26 mars dernier. L’agence des Nations unies pour l’enfance précise que ce chiffre est sans doute sous-estimé, car il est très difficile d’établir un bilan exact des affrontements sur place.

100 000 civils déplacés

Outre les victimes directes, l’Unicef s’inquiète des conséquences indirectes du conflit sur les enfants du Yémen, car cette guerre intervient dans un pays pauvre, où les conditions de vie sont déjà très difficiles en tant de paix, pour la population.

« L’enfance au Yémen est caractérisée par une situation de vulnérabilité chronique, qu’il s’agisse de malnutrition, qu’il s’agisse également d’accès aux soins… Donc l’augmentation de la violence affecte les infrastructures de santé, d’éducation. Donc il y aura et il y a déjà des morts indirects du fait du manque d’approvisionnement, de matériel médical et je n’oublie pas également les dommages psychoémotionnels », détaille Christophe Boulierac, le porte-parole d’Unicef.

Selon l’Unicef au moins 100 000 civils ont déjà été obligés de quitter leurs logements, afin de trouver refuge dans des camps de déplacés. L’organisation demande à toutes les parties prenantes au conflit de garantir le respect et la protection des enfants pris au piège de cette guerre, qui se révèle chaque jour plus meurtrière pour les populations civiles.

Dans ce contexte, les Etats-Unis ont décidé de leur côté d’accélérer leurs livraisons d’armes destinées à la coalition formée par l’Arabie saoudite pour enrayer la progression des rebelles houthis appuyés par l’Iran. Sur le terrain, la coalition a mené mardi 7 avril une série de raids aériens contre une base militaire aux mains des miliciens houthis et contre des arsenaux près de Sanaa.

Source: RFI

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