Un ancien parlementaire demande la révision de l’article constitutionnel limitant le nombre de mandats

L’homme politique et ancien parlementaire Dane Ethmane a déclaré que son appel à revoir les restrictions constitutionnelles, y compris la question de la limitation des mandats, ne signifiait pas un recul par rapport aux principes démocratiques, mais reposait plutôt sur une nouvelle lecture de la réalité politique plus de vingt ans après l’adoption de ces amendements.

Dans une déclaration faite mercredi, Ould Ethmane a précisé que son intervention lors de la rencontre entre le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et les cadres de la moughata de M’Bout avait porté sur la question des mandats et des restrictions qui y sont liées, mais que certains éléments de son discours « n’avaient pas été compris à juste titre », selon ses propres termes, ce qui l’avait amené à clarifier sa position.

L’ancien parlementaire a ajouté que les amendements constitutionnels adoptés en 2006 s’inscrivaient dans un contexte politique particulier à la suite d’un coup d’État militaire et visaient alors à mettre en place des contrôles limitant la monopolisation du pouvoir et à établir une transition pacifique du pouvoir, soulignant que la limitation des mandats à deux et les restrictions aux conditions de candidature étaient considérées à l’époque comme des mesures dissuasives.

Ould Ethmane a déclaré que ces restrictions constituaient en substance une limitation de la liberté de choix politique et imposaient des contraintes aux acteurs politiques.

Il a ajouté : « L’évolution du paysage politique et le changement des données imposent de les réexaminer afin de les adapter à la maturité institutionnelle ».

Il a précisé que son appel à la révision « ne constituait pas un revirement par rapport à ses positions antérieures », expliquant qu’il s’était engagé dans des déclarations précédentes dans leur contexte temporel et leurs circonstances, et que chaque étape avait ses propres circonstances politiques.

Le parlementaire a souligné que les constitutions « ne sont pas des textes figés », mais des cadres réglementaires susceptibles d’évoluer en fonction de l’intérêt national et des exigences du développement démocratique, appelant à ouvrir un débat sur les restrictions imposées à la candidature, à renforcer la liberté de choix et à réévaluer la question du nombre de mandats à la lumière des nouveaux développements.

L’appel lancé par l’ancien parlementaire Dane Ethmane s’inscrit dans une série d’appels lancés ces dernières semaines pour demander une modification de la Constitution qui déverrouillerait la limitation des candidatures à deux, ce qui a suscité la condamnation et la dénonciation par un certain nombre d’hommes politiques et de partis d’opposition.
Source:Sahara Médias-Mauritanie

RIM Web

Info juste