L’impôt, fondement invisible de la cité
Quel citoyen honnête pourrait raisonnablement se liguer contre l’impôt ?N’est-ce pas l’impôt qui participe à l’édification des infrastructures publiques, notamment des écoles où se forme l’avenir de la nation, et des centres de santé destinés à préserver la vie et la dignité du peuple ?
N’est-ce pas encore l’impôt qui permet d’assurer l’éclairage public, garant de sécurité dans nos villes, ainsi que les services d’hygiène indispensables à la salubrité collective ?N’est-ce pas lui, également, qui contribue à l’approvisionnement en eau potable, apaisant la soif des populations et soutenant la vie quotidienne ?
En vérité, l’impôt demeure l’un des symboles les plus puissants de la participation citoyenne au bien-être collectif. Par lui, chaque citoyen prend part à l’édification de la communauté nationale, au bénéfice non seulement des générations présentes, mais aussi de celles qui viendront après nous.
Dès lors, quel citoyen, dans un esprit de raison et de responsabilité, pourrait refuser de contribuer à son propre bien-être, à celui de ses enfants et de ses concitoyens ?
Toutefois, le problème ne réside peut-être pas tant dans une volonté délibérée de se soustraire aux obligations fiscales. Il tient souvent au sentiment, largement partagé, que l’État ne déploie pas suffisamment d’efforts pour montrer au peuple l’impact réel et visible de sa contribution à la construction nationale.
Où sont les routes modernes et les infrastructures urbaines qui devraient faciliter la circulation et soutenir le développement des villes ? Où se trouve l’éclairage public qui devrait assurer la sécurité dans les quartiers populaires et rendre la vie nocturne moins incertaine ?
Les citoyens, même lorsqu’ils vivent dans la débrouille du secteur informel et dans des conditions économiques difficiles, sont capables de comprendre le sens de l’effort collectif. Mais pour qu’ils y adhèrent pleinement, ils doivent percevoir concrètement que leurs sacrifices se transforment en réalisations tangibles, visibles et durables.
Car la confiance fiscale naît toujours d’une équation simple : lorsque le citoyen voit ce que devient sa contribution, il accepte plus volontiers d’y participer.
Par Khalilou Youssoufi Tandia
Source:Initiatives News-Mauritanie
