Mahamat Idriss Déby, Prix africain de la paix à Nouakchott
Le président de la République du Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, a reçu mardi le Prix africain pour la paix 2026 lors de la cérémonie d’ouverture de la 6e Conférence africaine pour la promotion de la paix à Nouakchott.
Cette distinction, annoncée le 15 janvier dernier à Genève, salue ses efforts de consolidation de la paix et la « noble réponse humanitaire » du peuple tchadien envers les centaines de milliers de réfugiés soudanais fuyant la guerre.
Le Prix africain pour la paix 2026 a été officiellement remis mardi au président de la République du Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, lors de la cérémonie d’ouverture de la sixième édition de la Conférence africaine pour la promotion de la paix au Centre international des conférences Moctar Ould Daddah de Nouakchott, a constaté APA.
La distinction a été remise par le Premier ministre mauritanien, Moctar Ould Djay, au ministre délégué auprès du ministre de l’Administration territoriale chargé de la Décentralisation de la République du Tchad, Dr Ahmat Oumar Ahmat, représentant le président tchadien.
Le président Déby avait été désigné lauréat de ce prix le mercredi 15 janvier suite à une décision unanime du Comité du Prix réuni au siège des Nations Unies à Genève (Suisse), hébergée par l’Université pour la paix (UPEACE).
La réunion était présidée par le Dr. David Fernández Puyana, représentant permanent de l’UPEACE auprès des Nations Unies à Genève et Vienne et auprès de l’UNESCO à Paris, en présence de Cheikh Abdallah Ben Bayyah, Secrétaire général du Forum d’Abu Dhabi pour la paix et Coordinateur général de la Conférence africaine pour la paix, ainsi que d’experts juridiques, de défenseurs des droits de l’homme et de diplomates internationaux.
Le Comité a fondé sa décision sur une étude approfondie des candidatures et l’examen de rapports analytiques préparés par des centres d’expertise africains et internationaux, soulignant que le choix du président tchadien reconnaît ses politiques marquées par une responsabilité humanitaire et nationale élevée, notamment le renforcement de l’unité nationale et l’adoption du dialogue comme choix stratégique pour résoudre les différends politiques et régionaux.
Depuis son accession au pouvoir, le président Déby a œuvré à réconcilier les composantes tchadiennes, à promouvoir la réconciliation nationale et à lutter contre l’extrémisme et la criminalité transfrontalière. Le Comité lui reconnaît le succès majeur d’avoir géré une transition politique sensible sans basculer dans la violence.
Sur le plan humanitaire, les rapports du HCR et des organisations humanitaires opérant dans l’est du Tchad ont salué l’ouverture des frontières tchadiennes à des centaines de milliers de réfugiés soudanais fuyant la guerre. Le président a ordonné l’ouverture inconditionnelle des frontières et la création de corridors humanitaires dans les zones d’Adré, Tiné, Kornoy, Um Dukhun, Wadi Hawar et Amdjarass, invitant les communautés locales de l’Est tchadien à accueillir les réfugiés.
Selon les données disponibles, 40 à 45% des réfugiés ont été directement intégrés au sein des communautés locales, les villages tchadiens partageant leurs foyers, leurs puits et leurs écoles sans contrepartie.
Cette solidarité a conduit les Nations Unies à qualifier le Tchad de « modèle rare de générosité africaine envers les réfugiés malgré la faiblesse des ressources », affirmant que la rapidité de l’ouverture des frontières et la flexibilité tchadienne ont sauvé des centaines de milliers de vies.
Le Comité a précisé que ce couronnement s’aligne avec la mission du Prix africain pour la paix, visant à honorer les dirigeants incarnant les valeurs humaines supérieures et contribuant à la diffusion de la culture de la paix, au renforcement de la sécurité et au soutien du développement durable, en harmonie avec l’Agenda 2063 de l’Union Africaine « L’Afrique que nous voulons ».
Lors de son allocution à Genève le 15 janvier, le Dr. Fernández Puyana avait déclaré que « cette distinction reflète un engagement collectif envers les valeurs de paix et de dialogue, et représente un message d’espoir pour tout le continent africain : la stabilité et le développement commencent par le choix du dialogue comme alternative à la confrontation ».
Cheikh Ben Bayyah avait souligné à cette occasion que « ce prix n’est pas seulement une distinction personnelle, mais la reconnaissance d’une approche nationale et d’une vision de leadership qui place l’être humain au cœur de ses priorités, croyant fermement que la véritable paix se construit par la justice, le dialogue et la coexistence ».
Lors de la cérémonie de remise mardi à Nouakchott, le président de la Conférence africaine pour la promotion de la paix, Cheikh Abdallah ben Bayyah, a salué « la noble réponse humanitaire manifestée par le peuple tchadien — dirigeants et citoyens — envers leurs frères et sœurs contraints par la guerre et les conflits à l’exil et au refuge au-delà des frontières ».
L’érudit a souligné que cette distinction exprime « la reconnaissance pour les contributions concrètes de la République du Tchad au renforcement de la paix régionale, ainsi que pour l’exemple de solidarité humaine qu’elle a offert en faisant face aux conséquences des conflits et en adoptant des approches préventives qui élèvent les valeurs de fraternité et contribuent à prévenir l’aggravation des crises ».
Recevant le prix au nom du dirigeant tchadien, le ministre délégué tchadien, Dr Ahmat Oumar Ahmat, a exprimé « la fierté et la grande appréciation du président tchadien pour la Conférence africaine pour la promotion de la paix, à l’occasion de la remise du Prix africain de la paix de cette année, considérant cette distinction comme un honneur pour le Tchad et un message d’espoir pour toute l’humanité ».
Le responsable tchadien a également exprimé « ses sincères remerciements et sa profonde gratitude à l’érudit Cheikh Abdallah bin Bayyah, saluant ses efforts continus pour promouvoir la paix, consolider la culture du dialogue et construire des ponts de compréhension entre les peuples d’Afrique et du monde ».
Le secrétaire général adjoint de l’Organisation de la Coopération Islamique, Youssef Al-Dobeay, présent à la cérémonie, a affirmé « la volonté du secrétariat général de l’Organisation de la coopération islamique (OCI-ndlr)de coopérer pleinement avec tous les partenaires régionaux et internationaux pour autonomiser les jeunes et consolider la paix dans les régions du Sahel et du lac Tchad ».
La Conférence africaine pour la paix a précédemment honoré Mohamed Bazoum, président du Niger (2022), Muhammadu Buhari, président du Nigéria (2023), Adama Barrow, président de la Gambie (2024), et Alassane Ouattara, président de la Côte d’Ivoire (2025).
La Conférence africaine pour la promotion de la paix, qui se poursuit jusqu’au 12 février au Centre international des conférences Moctar Ould Daddah, rassemble des centaines d’universitaires, d’éducateurs, de leaders d’opinion et de décideurs venus des quatre coins du monde.
Source:Apanews
