Nouveau Programme RIM-FMI: Le représentant résident du FMI, M. Younes Zouhar, en déroule les grandes lignes

La Banque Centrale de Mauritanie (BCM) a abrité, mardi 7 juillet, un petit-déjeuner débat réunissant le Représentant Résident du FMI, M. Younes Zouhar, et plusieurs acteurs de la presse locale.

Cette rencontre a été l’occasion de présenter les grandes lignes du nouveau programme de 42 mois approuvé par le Fonds en faveur de la Mauritanie, dans le cadre de la Facilité Élargie de Crédit (FEC) et du Mécanisme Élargi de Financement (MEDC), pour un montant total de 95,8 millions de dollars.

Ce nouveau programme s’inscrit dans la continuité d’une coopération fructueuse entre la Mauritanie et le FMI. Il repose sur trois piliers complémentaires : la consolidation de la stabilité macroéconomique, la promotion d’une croissance inclusive par le développement du capital humain et la réduction de la pauvreté, et le renforcement de la gouvernance, notamment celle des entreprises publiques.

Un bilan encourageant du précédent programme qui ouvre la voie

Avant d’aborder les détails du nouveau programme, M. Zouhar a tenu à rappeler le bilan positif du programme précédent, mis en œuvre entre 2022 et 2026. Selon l’institution de Bretton Woods, la Mauritanie a fait preuve d’une résilience économique remarquable, avec une croissance soutenue hors secteur extractif, une baisse de l’inflation et une réduction du déficit du compte courant.

Tous les objectifs quantitatifs fixés pour fin décembre 2025 ont été atteints, témoignant de l’engagement des autorités mauritaniennes à mener à bien les réformes. Le FMI a également salué l’achèvement des réformes prévues dans le cadre de la Facilité pour la Résilience et la Durabilité (FRD), notamment dans les domaines de la gestion des finances publiques et de la prévention des risques climatiques.

Le nouveau programme arrive dans un contexte mondial et régional marqué par l’incertitude, avec des répercussions sur les prix des matières premières et les flux financiers. Il vise spécifiquement à aider la Mauritanie à faire face à ses besoins de financement urgents, à préserver ses réserves extérieures et à soutenir la mise en œuvre de son Plan national de développement. Il s’agit d’un signal fort adressé aux partenaires internationaux pour faciliter la mobilisation de financements supplémentaires.

Trois piliers pour une économie plus résiliente et inclusive

Zouhar a détaillé les trois axes stratégiques de ce nouveau programme :

1-Consolidation de la stabilité macroéconomique : L’amélioration du cadre budgétaire à moyen terme est primordiale pour réduire progressivement l’endettement et lisser la volatilité liée aux ressources du secteur extractif, tout en protégeant les dépenses sociales essentielles.

Cela passe par l’institutionnalisation de la règle budgétaire dans la loi, conformément aux recommandations du FMI. Le renforcement des cadres de politique monétaire et de change, avec le développement des marchés monétaires et de change, vise à mieux maîtriser l’inflation et à accroître la résilience de l’économie mauritanienne face aux chocs extérieurs.

2-Promotion d’une croissance plus inclusive : Cet axe met l’accent sur le développement du capital humain et la lutte contre la pauvreté pour faire bénéficier l’ensemble de la population des fruits de la croissance économique. Des efforts soutenus sont nécessaires pour maintenir la mobilisation des recettes, améliorer l’efficience des dépenses et préserver l’espace budgétaire pour des investissements sociaux prioritaires, avec un ciblage renforcé grâce au registre social existant.

3-Amélioration de la gouvernance : Ce troisième pilier est essentiel pour stimuler le rôle du secteur privé, moteur d’une croissance durable. La mise en œuvre effective des lois sur la déclaration de patrimoine et la nomination rapide des membres du Conseil de direction de la nouvelle Autorité de lutte contre la corruption sont des étapes clés pour renforcer la transparence, la reddition des comptes et l’État de droit. La réforme du secteur des entreprises publiques est également au cœur de cet objectif pour améliorer leur efficacité et leur contribution à l’économie.

Perspectives économiques et prochaines étapes

Le FMI prévoit une croissance économique de 4,7 % pour la Mauritanie en 2026, soutenue par la poursuite des réformes. Le Représentant Résident du FMI a souligné l’importance de maintenir le rythme de mise en œuvre des réformes pour garantir les objectifs du programme et a salué la qualité des échanges avec les autorités mauritaniennes.

Ce petit-déjeuner débat a permis de lever de nombreuses interrogations sur la nature même du programme, réaffirmant qu’il s’agit d’un programme soumis par les décideurs mauritaniens et approuvé par le FMI pour permettre au pays de minimiser les chocs exogènes.

Le Représentant Résident du FMI s’est engagé à renouveler ce type de rencontres avec la presse chaque fois que nécessaire, pour assurer une information transparente et continue sur la coopération entre la Mauritanie et le Fonds monétaire international.

Source:La Dépéche-Mauritanie

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