GUIDIMAKHA : L’HIVERNAGE SE FAIT ATTENDRE, LES ÉLEVEURS RETIENNENT LEUR SOUFFLE
Dix jours après le début de juillet, aucune pluie utile n’est tombée dans la wilaya. Entre pénurie de fourrage, points d’eau asséchés et semis retardés, l’inquiétude gagne les éleveurs et les agriculteurs.
SÉLIBABY, 10 juillet 2026 – Au Guidimakha, le ciel tarde à répondre aux attentes des populations. Alors que le mois de juillet est habituellement marqué par l’installation de l’hivernage, aucune pluie significative n’est encore venue reverdir les pâturages. Dans les communes de Wompou, Boully, Gouraye, Ghabou et Ould Yengé, les éleveurs observent chaque jour l’horizon avec la même inquiétude.
Les pâturages restent desséchés, les mares sont vides ou presque, et les réserves de fourrage diminuent rapidement. Pour de nombreux ménages, nourrir le bétail devient un défi quotidien.
« À cette période de l’année, les animaux devraient déjà pâturer dans les champs. Aujourd’hui, nous achetons encore du son à crédit », confie Ba Moussa, éleveur à Wompou. Il explique parcourir plusieurs kilomètres chaque jour pour trouver de l’eau pour son troupeau.
Au marché à bétail de Sélibaby, les effets du retard des pluies sont déjà visibles. La production de lait diminue, les animaux perdent de leur valeur marchande et le prix des aliments pour bétail continue d’augmenter, mettant les éleveurs sous une forte pression économique.
Les agriculteurs ne sont pas davantage épargnés. Les semis de mil et de sorgho accusent un retard important et le risque de resemis devient de plus en plus réel. Chaque journée sans pluie réduit les perspectives d’une bonne campagne agricole.
Face à cette situation, les éleveurs réclament des mesures urgentes, notamment la constitution de banques de fourrage, le renforcement des points d’eau pastoraux et un accompagnement des autorités afin de préserver le cheptel, principale richesse des familles rurales.
Les vingt prochains jours seront déterminants. Si les pluies ne s’installent pas durablement avant la fin du mois, la campagne agricole et pastorale 2026 pourrait être sérieusement compromise dans plusieurs localités du Guidimakha.
Dans les campements, un même espoir anime les familles : voir enfin les premières pluies mettre fin à cette longue attente.
Par Amadou Bocar Ba
Source:Rimweb-Mauritanie
