Mauritanie : les députées graciées par Ghazouani empêchées d’entrer à l’Assemblée nationale
Malgré la grâce présidentielle accordée par le chef de l’État, Ghamou Achour et Mariem Cheikh Dieng n’ont pas pu accéder au siège du Parlement, leur situation juridique restant liée à la décision de justice sur leurs droits civiques et politiques.
Les députées mauritaniennes Ghamou Achour Salem et Mariem Cheikh Dieng ont été empêchées, mardi, d’entrer dans les locaux de l’Assemblée nationale par les éléments de la Garde nationale chargés de la sécurité du bâtiment.
Dans une déclaration en direct publiée sur Facebook, Mariem Cheikh a affirmé que les forces de sécurité leur ont interdit, à elle et à sa collègue, l’accès au Parlement, en invoquant des « instructions » reçues à cet effet.
Cette situation intervient quelques jours après la décision du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani d’accorder une grâce présidentielle aux deux députées. Par décret publié le 9 juillet 2026, le chef de l’État a accordé sa grâce concernant le reliquat de leur peine privative de liberté ainsi que les amendes et frais de justice prononcés à leur encontre.
La Présidence de la République avait expliqué que cette mesure s’inscrivait dans une démarche visant à renforcer « les valeurs de tolérance et de pardon », la cohésion nationale et l’harmonie sociale, tout en réaffirmant le respect de l’État de droit et de l’indépendance de la justice.
Toutefois, cette grâce présidentielle n’a pas levé les autres conséquences de la décision judiciaire, notamment la mesure de privation des droits civiques et politiques prononcée par la Cour d’appel de Nouakchott pour une durée de cinq ans. La Présidence n’avait d’ailleurs pas précisé que la grâce concernait cette partie de la condamnation.
La Cour d’appel avait, mercredi dernier, réduit la peine de prison des deux parlementaires de quatre à deux ans ferme, tout en maintenant leur interdiction d’exercer leurs droits civils et politiques.
Les deux députées avaient été condamnées dans une affaire liée à des publications sur les réseaux sociaux, considérées par la justice comme portant atteinte aux symboles nationaux. Elles avaient notamment dénoncé des discriminations visant la communauté haratine.
L’empêchement d’accès à l’Assemblée nationale relance ainsi le débat sur leur statut parlementaire et les effets juridiques de la grâce présidentielle, alors que leur immunité parlementaire n’a pas fait l’objet d’une levée officielle.
Source:TRUST MAG-Mauritanie
