Un député de l’opposition accuse la direction de l’assemblée nationale de retarder délibérément la constitution d’une commission d’enquête parlementaire

Un député de l’opposition a accusé la direction de l’Assemblée nationale mauritanienne de retarder la constitution d’une commission d’enquête parlementaire alors même que le principe de sa création avait été approuvé, avertissant que la poursuite de ces reports risquait d’entraîner la perte de preuves et de paralyser le travail du Parlement, tandis qu’un autre député de l’opposition a imputé au régime la responsabilité de ce blocage.

Le député du Rassemblement national pour la réforme et le développement (Tewassoul), Yahya Aboubaker, a déclaré dans une publication sur Facebook que toutes les composantes de la majorité et de l’opposition s’étaient mises d’accord, lors de la dernière session parlementaire, sur la création d’une commission d’enquête parlementaire, estimant que celle-ci « existait de plein droit » ; toutefois, selon lui, la direction de l’Assemblée nationale continue de tergiverser pour mener à bien les procédures de sa constitution.

Il a ajouté que le prétexte invoqué pour reporter la constitution de la commission à la prochaine session parlementaire, à savoir que les procédures ne sont pas encore achevées, est « faux », précisant que le Conférence des présidents a transmis la proposition de recommandation à la commission compétente il y a une dizaine de jours et que son examen ne prendrait, selon lui, qu’une seule séance.

Le député a averti que la non-constitution de la commission avant la clôture de la session actuelle pourrait conduire à la « dissimulation de certains éléments de preuve » et constituer une entrave au travail du Parlement, se demandant qui était à l’origine de ce retard.

Dans un commentaire sur cette publication, le député de l’opposition Mohamed Lemine Sidi Mouloud a estimé que c’était le régime qui faisait obstacle à la constitution de la commission « pour protéger les corrompus », selon ses propres termes, ajoutant que si la commission se limitait à enquêter sur un seul dossier parmi les huit proposés, sa constitution serait « sélective et orientée », selon ses propres termes.

Le 17 juillet, la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale avait décidé de renvoyer la proposition de recommandation visant à créer une commission d’enquête parlementaire à la commission des ressources humaines, des affaires sociales et culturelles afin qu’elle l’examine, en vue de mener à bien les procédures parlementaires y afférentes.

Source:Sahara Médias-Mauritanie

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