Wolof de Mauritanie: Une communauté à la recherche d’un Leader

Je suis surpris d’apprendre qu’un groupe de Wolof veut convoquer tout les villages wolofs de Mauritanie à l’ISET de Rosso afin de nommer un leader pour la communauté.

Ainsi lui donner carte blanche pour parler au nom de la communauté et surtout enlever aux chef des villages et leaders naturels de nos territoires leurs leaderships et leurs pouvoirs politiques. Aussi empêcher les jeunes acteurs politiques de progresser pour l’autosatisfaction de deux ou trois personnes et les contraindre ou de se ranger derrière ou à l’oisiveté alors qu’ils débordent d’énergie et d’ambition pour la communauté et pour le pays.

Depuis quand le leadership d’une communauté se décrète. Le leader de la communauté wolof doit émerger du lot, seul et après naturellement on lui reconnaitra sa légitimité.

Le leader de la communauté n’existe que s’il est volontairement suivi par la majorité des vieux, des femmes et des jeunes sans pression ni chantage. Le leader de la communauté doit être un travailleur, un juste, un lucide et un fédérateur qui ne va laisser personne sur le bord.

Le leader de la communauté doit être un interlocuteur, un soutien qui aide, qui cherche et trouve des opportunités pour les jeunes.

Le leader de la communauté doit être une personne ouverte qui accepte les critiques.

Le leader qui ferme sa porte tombe, comme ce qui a fait tomber Alexandre Le Grand. Les jeunes vous le disent aujourd’hui, vous ne leurs avez jamais ouverts vos portes, sauf en période d’élection.

Le leadership ne se décrète pas. Le leadership se construit et la confiance en est un ingrédient majeur et incontournable. Et la confiance se mérite, des preuves avec et beaucoup de faits.

Le plus grave dans tout ça, ils veulent faire cotiser chaque village (150000 MRO) pour organiser cette cérémonie. Au même moment nos parents au village rencontrent des difficultés enormes et ne voient personne pour les aider.

A Tounguene la coopérative à des problemes administratifs avec la banque et ne peut beneficier actuellement d’un prêt. Nous lançons d’ailleurs un appel à l’état de leur venir rapidement en aide. Actuellement ils ont des problèmes de gazoil pour alimenter les machines et des problèmes d’engrais.

C’est aussi le probleme de tout les autres village. Arrêtons d’amuser la galerie avec des conceptes qui n’ont jamais marchés et faisons du concret pour ces gens. C’est une honte de parler de faire cotiser les gens pour le manger et le boire des cadres qui se reunissent pour quelques heures alors que les jeunes, sans moyens, ont besoin d’aide pour s’inscrire au programme du gouvernement « Mon projet Mon avenir ». Les aider à rédiger un projet compétitif, les coacher et les accompagner à remplir le formulaire.

Pour cette cérémonie un seul des grand cadre wolof peut le prendre en charge, comme le font les cadres des autres communautés.

Mes chers anciens, il est essentiel d’être conscient que pour être leader de la communauté il faut avoir la confiance des jeunes et cette confiance se gagne, s’entretient mais elle peut se perdre. La communauté n’a pas besoin d’un seul leader officiel désigné. Mais des leaders, des anciens et des jeunes, des femmes et des hommes, honnêtes et sincères qui mutualisent leurs forces pour la communauté et pour le pays.

M.F

Source : Mohameden Fall

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