L’ex président pourra-t-il échapper à l’accusation d’enrichissement illicite ?

Cette semaine on devrait connaitre l’épilogue du feuilleton qui a commencé avec l’enquête de la commission parlementaire et qui s’est poursuivi par l’enquête préliminaire de la Police des crimes économique, sur commission rogatoire du Procureur de la République.
Le principal mis en cause, l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz s’en est tenu à sa stratégie de défense en refusant systématiquement de coopérer avec ces différents limiers. Invoquant comme une litanie l’immunité que lui confèrerait selon lui l’article 93 de la Constitution. Interprétation évidemment battue en brèche par la quasi-totalité des constitutionnalistes mauritaniens.
A aucun moment, ni lui, ni la brochette d’avocat dont il s’est entouré n’ont contesté le fonds des charges soulevées.
Dans leur communication à travers leurs différents canaux, ils soulignent le caractère discriminatoire des enquêtes, ils affirment qu’il s’agit d’un règlement de compte politique, certains subodorent qu’il s’est enrichi grâce aux « restants » des financements de ses différentes campagnes électorales, d’autres mettent en avant les « cadeaux » de certains dirigeants étrangers. Lui-même admets ouvertement être riche, soulignant même immensément riche tout en ajoutant dans une vaine tentative de se dédouaner, « mais mon argent ne vient ni du trésor ni de la BCM ».
Pour ce qui est de l’enrichissement illicite, il est difficilement contestable. Comment un président et sa famille proche pourraient se retrouver à la tête de la première fortune du pays en une seule décennie ?
Son fils Bedredine, qui a abandonné l’école avant de passer son bac, qui n’exerce aucune activité commerciale connue (sauf un garage d’entretien et de réparation de véhicules) qui n’a jamais travaillé pour ainsi dire s’achète des appartements aux Iles Canaries, roule dans des voitures de luxe, en arborant des montres Hublot de plus de 40 millions d’ouguiya et revendique des dizaine de villas et de propriétés en Mauritanie et ailleurs.
L’ex première dame, Tekber mint Ahmed que certains n’hésitaient pas à appeler la régente de Nouakchott en comparaison avec Leila Trabelsi la régente de Carthage, s’est payé un duplex dans le XVIème arrondissement de Paris mais aussi des biens immobiliers au Maroc, en Turquie et aux Emirats Arabes Unis. Malgré tout cela elle est toujours payée par la BCM et elle se soigne aux frais de la Secu en France.
Sa fille Asma, celle qui, ces dernières années nommait et limogeait les hauts fonctionnaires, faisaient et défaisaient les carrières se retrouve aujourd’hui à la tête d’une immense fortune alors qu’elle non plus, n’a jamais occupé aucune fonction ni exercé aucune activité commerciale. Des dizaines d’immeubles et de terrains sont en son nom à Nouakchott et Nouadhibou. Son époux Mohamed Boussabou s’est transformé d’un simple vendeur de voiture d’occasion en un florissant homme d’affaire. Alors qu’il était simple employé de la SNIM il avait la haute main sur la vente du fer mauritanien. De Paris où il menait sa barque il était l’intermédiaire obligé des chinois et des hollandais qui convoitaient le fer mauritanien.
Sa deuxième fille Leila, la plus discrète s’est fait connaitre en bradant un patrimoine foncier illégalement acquis par sa mère dont une bonne partie est passée entre les mains de Cheikh Ali Ridha.
Son cousin et prête nom Mohamed Lemine Ould Bobatt a en son Nom un immeuble R+5 siège du projet de la fameuse International Medical Center tout comme la compagnie d’assurance dont les déboires avec la Justice sont à la Une ces derniers jours mais aussi un nombre considérable de « businesses » dans la pêche l’agriculture et la manutention.
Enfin on peut ajouter le Duo Mohamed Abdallahi Iyaha/ Foil Ould Lahah qui eux aussi détiendraient par devers eux plusieurs affaires qui en réalité appartiennent bel et bien à l’ancien Président.
Aujourd’hui à Nouakchott une bonne dizaine de projets immobiliers importants sont à l’arrêt, immeubles R+15 et autres, centres commerciaux, des blocs entiers de la zone de Sukuk sont laissés en « friche », tous attendent l’épilogue du dossier judiciaires.

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