Mauritanie, basket-ball : d’anciens basketteurs tentent de redonner vie à ce sport qui se meurt à grands feux

A l’initiative d’anciens basketteurs, le centre Nouakchott basket a ouvert ses portes, il y’a cinq mois. Ces anciens basketteurs tentent de recoller les morceaux d’un sport qui a volé en éclats depuis belle lurette et peine à sortir la tête de l’eau pour retrouver ses lettres de noblesse.

Papis Bass, Wally Ly, Abdou Guèye et Aldiouma Sidibé, comme dans le rôle des quatre mousquetaires, se sont donné la main dans la main pour initier de jeunes mauritaniens à la pratique du basket-ball.

Ils espèrent voir leur éclosion dans les années à venir pour participer au rayonnement du basket-ball mauritanien et le retour de la Mauritanie sur la scène continentale.

« Retour aux tournois scolaires »

Il est loin le temps où la Mauritanie faisait figure de pays de basket-ball sur le continent. Le pays a connu 4 participations au championnat d’Afrique masculin. Le basket-ball mauritanien a tutoyé, entre autres, celui du Sénégal, de l’Egypte, du Nigeria ou de la Guinée Conakry. En 1985, la Mauritanie a disputé la 5e place du Championnat d’Afrique masculin face à la République Centrafricaine (64 – 104). Son meilleur résultat…

Aux origines de ce succès, la formation à la base. Une recette qui a toujours fait des miracles, rappelle Wally Ly.

« Au temps où on a commencé à jouer au basket-ball, il y’avait des tournois scolaires. C’était une chance que nous avions. On ne va pas faire du sport s’il n’y a pas de base encore moins de formation sur les enfants. C’est à partir de là qu’on pourra avoir des résultats. On essaie de perpétuer la chance que nous avons eue. Malheureusement, il n’y a plus de tournois scolaires. Les écoles ne jouent plus, il n’y’a plus de basket dans les écoles comme avant. Toutes les écoles étaient des centres d’excellence. Les clubs de basket venaient recruter dans les écoles. C’est pour cette raison qu’il y’avait des compétitions de qualité parce qu’il y’avait des joueurs qui jouaient partout. Un club senior, ce n’est pas l’avenir. L’avenir, ce sont les petits enfants. On ne peut pas prétendre avoir des équipes nationales performantes si on n’a pas des enfants formés. Quand il n’y a plus la formation, on se retrouve avec des gaps, avec des générations sacrifiées. Pour développer le basket en Mauritanie, il faut commencer par la petite catégorie, si on ne fait pas cela, il n’y a pas d’avenir. »

Dans ce centre, une trentaine de jeunes s’y donnent rendez-vous toutes les après-midi, accompagnés parfois de leurs parents. Nous avons interrogé l’un d’eux, Safiétou Ndaw. Les yeux rivés sur le terrain, elle observe ses enfants, avec un sentiment de fierté.

« Ce sont eux qui ont voulu que je les inscrive pour découvrir le basket. Je vois qu’ils aiment le basket, ils se donnent à fond. Je vois qu’ils sont dans le jeu. Ce sont des enfants mais on ne sait pas qui sera demain un champion ou une championne. Peut-être, demain, ils vont donner une coupe à la Mauritanie ».

A quelques mètres de là, Papis Bass encourage les enfants. « On a joué, on a fait notre temps. C’est à notre tour de transmettre nos compétences. Nous ne voulons pas la mort du basket en Mauritanie. Nous lançons un appel aux bonnes volontés afin d’appuyer le centre en équipements », indique cet ancien basketteur.

Dans le classement mondial de la FIBA Masculin, la Mauritanie occupe la 159e place avec 40.1 points. Autant dire qu’un énorme défi se présente devant les promoteurs du Centre Nouakchott Basket pour participer au relèvement du basket mauritanien…

Keita

leader des jeunes

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