Abdoulaye Diop, chef de la diplomatie du Mali : « le G5-Sahel lui-même n’était pas tout à fait opérationnel »

Coopération entre le Mali et la Russie, sanctions de la CEDEAO, départ de l’opération Barkhane, relations Mali-France, sortie du Mali du G5-Sahel, axe Bamako-Pékin…

Ce sont les sujets abordés par Abdoulaye Diop, Ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, dans un entretien accordé à la chaine RT, lors de son récent voyage à Moscou, a la tête d’une délégation gouvernementale.

Le ministre malien des Affaires étrangères a été interrogé sur la sortie du Mali du G5 Sahel. Extraits…

Par rapport aux défis sécuritaires, comment le pays va-t-il y faire face après la sortie du Mali du G5-Sahel ?

Le travail que le G5-Sahel devrait faire au Mali, c’était essentiellement l’armée malienne qui le faisait et continue à le faire. Il y a quelques jours, vous avez entendu les déclarations du chef d’État-major des armées maliennes qui a indiqué que ce retrait du G5 n’aura pas d’impact sur la lutte contre le terrorisme au Mali. Et que nos unités sont en mesure d’assurer la sécurité. Donc c’est une décision politique que nous avons dû prendre, parce que nous trouvons qu’elle était injuste. Elle est consécutive à la décision ou la non-décision de ne pas permettre au Mali d’assumer la présidence du G5-Sahel. Alors que nous sommes membre de cette organisation et qu’aucun texte du G5-Sahel ne prévoit qu’un pays puisse être exclu à cause des changements politiques internes, ni que le G5-Sahel peut endosser des sanctions ou des mesures restrictives prises par d’autres organisations régionales. Toutes ces questions mises ensemble nous ont amené à prendre cette décision. Parce que nous trouvions que cette organisation ne fonctionnait de façon autonome. Clairement des ingérences extérieures ne permettent pas à l’organisation de pouvoir travailler de façon autonome, à pouvoir exécuter aussi son mandat. Donc, il y a de sérieuses divergences à ce niveau.

Cette sortie du G5-Sahel va-t-elle être créée un certain manque de coopération au niveau régionale dans la lutte contre le terrorisme ? Ou vous pensez que ça ne va nuire à la coopération régionale ?

Le G5-Sahel n’est pas le modèle unique qui existe en matière de coopération régionale. Avant le G5-Sahel, il y avait d’autres mécanismes de sécurité collective au niveau de la région, comme le CMOC (le comité d’état-major conjoint qui réunissait le Mali, l’Algérie, le Niger et la Mauritanie). Voilà qui mérite d’être activer et qui n’avait toujours pas pu jouer son rôle. Mais, il y a également le processus de Nouakchott, dans le cadre de l’Union africaine, qui rassemble un certain nombre pays du Sahel. Donc, il y a plusieurs types de réponses. Il y a des réponses collectives avec les Etats de la région, dans le cadre d’organisation ou de mécanisme de sécurité collective. Aussi, le Mali peut travailler bilatéralement avec certains de ces pays, à envisager, à activer les mécanismes existants ou à aller dans des formules à inventer. Je pense que le G5-Sahel soit la seule recette qui existe.

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