L’usine laitière de Néma connaît une nette amélioration grâce à la diversification et à la qualité de sa production (Ministre)
L’Assemblée nationale a tenu, ce jeudi matin, une séance publique présidée par le vice-président de l’institution, M. Ahmedou Mohamed Mahfoudh M’Balla, consacrée à l’audition des réponses du ministre de l’élevage, M. Sid’Ahmed Ould Mohamed, à une question orale avec débat adressée par le député Isselkou Bahah.
Le député a déclaré que l’usine laitière de Néma traverse une situation difficile malgré les importants financements qui lui ont été consacrés, s’interrogeant sur les véritables causes de ses difficultés économiques.
Dans sa réponse, le ministre de l’élevage a affirmé que la création d’une usine laitière dans la région du Hodh Charghi constitue un choix stratégique pertinent, étant donné que cette wilaya abrite près de 33 % du cheptel national, selon le dernier recensement réalisé en 2024, sur un total de 30 millions de têtes à l’échelle nationale.
Il a expliqué que l’usine a traversé, au cours des dernières années, des conditions difficiles marquées par des dysfonctionnements de gestion et des problèmes techniques, avant l’intervention des pouvoirs publics à partir de 2019 pour la réhabiliter et assurer la continuité de son activité, compte tenu de son importance économique dans une région essentiellement pastorale.
Le ministre a précisé que l’usine est restée à l’arrêt pendant une longue période en raison de la panne totale de ses équipements, avant que le gouvernement ne consacre d’importants investissements à l’acquisition de nouveaux matériels et à sa remise en service à partir de juin 2025.
Il a ajouté que la réussite des usines laitières dépend principalement de l’existence d’un « bassin laitier » solide garantissant un approvisionnement suffisant en matière première, soulignant que la faible productivité des bovins locaux constituait l’un des principaux défis, la production moyenne par vache ne dépassant pas trois litres par jour, ce qui nécessite un grand nombre de bêtes pour assurer les quantités requises pour la transformation.
Le ministre a indiqué que son département a lancé, dès la reprise des activités de l’usine, un plan d’élargissement du bassin laitier, portant le nombre de centres de collecte de lait de trois à six, dont cinq sont déjà opérationnels.
Il a révélé que l’usine a acquis, entre juin 2025 et le 13 mai 2026, plus d’un million deux cent dix mille litres de lait auprès des producteurs locaux, contribuant ainsi à assurer des revenus stables aux éleveurs et à soutenir l’économie locale.
Le ministère a également soutenu les coopératives et les producteurs à travers la fourniture d’aliments pour bétail à des prix subventionnés et stables, avec des facilités de paiement, en plus de la création de fermes modèles fourragères, de la mise à disposition d’eau, d’expertise technique et de matériels agricoles adaptés.
Selon le ministre, ces mesures ont permis de porter la production quotidienne à près de trois tonnes de lait, contre seulement 500 litres durant la même période de l’année précédente.
Dans le cadre de l’amélioration des races bovines, il a annoncé la mise en œuvre d’un programme d’insémination artificielle ayant concerné 1 500 vaches, afin d’accroître la productivité et d’améliorer les caractéristiques génétiques du cheptel, parallèlement à un programme de suivi sanitaire vétérinaire et d’accompagnement des éleveurs.
Le ministre a également indiqué que le gouvernement a mobilisé près de 1,7 milliard d’anciennes ouguiyas pour moderniser les équipements de l’usine et renouveler ses machines principales, tout en mettant en place un système d’équipements de secours afin de garantir la continuité du travail et d’éviter les arrêts imprévus.
Il a précisé que les centres de collecte ont été dotés de systèmes modernes de réfrigération permettant de conserver le lait jusqu’à 48 heures, alors qu’il se détériorait auparavant en moins d’une journée.
Le ministre a enfin réaffirmé que la situation de l’usine « n’est plus préoccupante », mais qu’elle connaît au contraire une amélioration notable grâce au développement et à la diversification de ses produits. Il a indiqué que l’usine distribue actuellement sa production dans les deux Hodhs et dans la région de l’Assaba, avec des projets futurs d’extension vers la capitale, Nouakchott.
Source:AMI-Mauritanie
