Ministre de l’Agriculture : Le pôle de développement de la wilaya du Trarza s’étend sur une superficie de 800 000 hectares

Des membres du gouvernement ont commenté, jeudi soir, les résultats du Conseil des ministres qui s’est tenu plus tôt dans la matinée.

Il s’agit du ministre de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, M. Houssein Ould Meddou, du ministre de la Formation professionnelle, de l’Artisanat et des Métiers, M. Mohamed Malainine Ould Eyih, et du ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, M. Mohamed Ahmedou Mhaimid.

Dans son mot introductif, le porte-parole du gouvernement a indiqué que le Conseil a examiné et adopté plusieurs projets de décrets ainsi que des communications, notamment la transformation du Centre supérieur d’enseignement technique en Institut national supérieur de l’enseignement technique, la création d’un pôle de développement dans la wilaya du Trarza, la délivrance de permis d’exploration minière et la concession provisoire de terrains afin d’encourager l’investissement. Il a ensuite invité ses homologues ministres à apporter, chacun en ce qui le concerne, davantage de précisions.

Prenant la parole à sa suite, le ministre de la Formation professionnelle a rappelé que la Mauritanie accorde un intérêt particulier à la formation professionnelle, notant que la capacité d’accueil des établissements est passée de 4 000 à 20 000 places en six ans.

Il est revenu sur les efforts entrepris pour améliorer les conditions de travail des enseignants ainsi que les curricula, soulignant que le secteur obtiendra bientôt des certifications ISO au regard de la qualité des services fournis.

Le ministre, lors de sa présentation des points saillants du projet de transformation du Centre supérieur d’enseignement technique de Nouakchott (CSET) en Institut national supérieur de l’enseignement technique, a rappelé que des avancées importantes ont été réalisées en matière de gouvernance et d’adéquation des formations avec les besoins du marché de l’emploi, en concertation avec les entreprises.

Il a rappelé que le CSET a, depuis sa création en 1982, formé des milliers de cadres compétents qui ont accompagné la transformation du pays. Toutefois, le niveau de diplôme s’arrêtait jusqu’ici au BTS. Désormais, l’établissement sera doté de filières de licence et de master.

Selon le ministre, il s’agit d’une demande populaire qui vient d’être satisfaite et qui coïncide avec la nécessité d’élever le niveau des compétences. La transformation du CSET permettra également l’intégration d’un cycle de formation de formateurs ainsi que d’inspecteurs de la formation professionnelle.

Répondant à des questions, le ministre a confirmé que les besoins du marché sont pris en compte dans la conception des formations, notant notamment l’introduction de spécialités liées à l’hydrogène vert.

Concernant le village artisanal, le ministre a indiqué que la structure chargée de son opérationnalisation a rencontré des difficultés pour livrer le centre de formation, le parc d’exposition, entre autres infrastructures, mais que des mesures sont prises pour faire avancer le projet.

Selon les données du ministère, entre 40 % et 80 % des jeunes formés s’insèrent rapidement sur le marché de l’emploi, selon la filière choisie. Le manque de disponibilité de la main-d’œuvre mauritanienne dans certains secteurs n’est pas forcément lié à un déficit de formation. Souvent, certains métiers sont perçus comme peu attractifs. Un travail de sensibilisation reste donc à faire à ce niveau.

De son côté, le ministre de l’Agriculture est revenu sur le projet de création du pôle de développement dans la wilaya du Trarza.

Il s’agit de la mise en œuvre de la stratégie nationale visant à structurer les filières agricoles et d’élevage dans un environnement favorable à l’investissement privé. Baptisé « Émergence », ce projet vise la création de chaînes de valeur, le développement des opportunités d’emploi, le renforcement des infrastructures, la stimulation de l’investissement ainsi que l’amélioration des rendements afin de tendre vers l’autosuffisance alimentaire. Le tout à travers l’exploitation d’un périmètre de 800 000 hectares englobant les départements de Tekane, Rosso, Keur Macène, Mederdra et R’Kiz.

Selon le ministre, 53 000 hectares ont été aménagés pour la culture du riz, tandis que 10 000 hectares sont consacrés au maraîchage. Il a également souligné l’important potentiel laitier de la zone, notamment grâce à ses ressources pastorales. Le cheptel y est estimé à 3,4 millions de têtes, soit 11 % du cheptel national.

Concernant la zone de Tiguint, elle abritera la plateforme de transformation et d’industrialisation des produits agricoles et d’élevage. Selon le ministre, située à 17 kilomètres, cette zone se trouve à mi-chemin entre les sites de production et les infrastructures facilitant le transport et le commerce, notamment le port de Ndiago, le port de Nouakchott et l’aéroport international de Nouakchott.

Le ministre a également souligné que la création de ce pôle permettra de dynamiser les filières maraîchères, le développement de la filière blé ainsi que la culture fourragère, entre autres.

Il a rappelé que plusieurs projets structurants, tels qu’Aftout et SOKAM, sont en cours et s’inscrivent dans une vision globale visant à renforcer l’attractivité du secteur et la compétitivité des entreprises afin de produire, transformer et commercialiser les produits mauritaniens, aussi bien sur le marché local qu’à l’exportation.

Répondant à une série de questions, le ministre a affirmé que la Mauritanie a réalisé des progrès significatifs en matière d’autosuffisance alimentaire.

La production agricole a augmenté de 140 %, passant de 409 000 tonnes en 2019 à 985 000 tonnes en 2025-2026. Durant la même période, la production céréalière est passée de 339 000 tonnes à plus de 700 000 tonnes, soit une hausse de 106 %. La production des céréales est passée de 389 000 tonnes à 700 000 tonnes durant la même période. Il en est de même pour le riz, dont la production a progressé de 113 %, passant de 255 000 tonnes à 556 000 tonnes.

Concernant les superficies cultivées, elles sont passées de 83 000 hectares à 104 000 hectares, soit une augmentation de 72 %. En matière d’investissement, le ministre a précisé que l’enveloppe consacrée au secteur était de 7 milliards d’ouguiyas en 2019 et dépasse aujourd’hui les 131 milliards. Cela représente une augmentation de 353 %. Les dépenses consacrées aux semences ont également fortement progressé, passant de 5 milliards d’ouguiyas en 2019 à 37 milliards aujourd’hui.

La Mauritanie est désormais autosuffisante en riz et œuvre à couvrir ses besoins en fruits et légumes. Dans ce sous-secteur, la production est passée de 46 000 tonnes à 255 000 tonnes.

Concernant la culture du blé, le ministre a reconnu l’existence d’un déficit, tout en soulignant les efforts engagés pour y remédier. Ainsi, il a indiqué que cette culture sera davantage développée, notamment grâce au projet SOKAM dans la wilaya du Brakna, à travers l’exploitation de 1 500 hectares. Il a précisé que chaque Mauritanien consomme en moyenne 70 kilogrammes de blé par an.

Interpellé sur la culture pluviale, le ministre a indiqué qu’elle représente une part importante de la production agricole. Il a rappelé que le Président de la République avait donné le coup d’envoi de la campagne agricole à partir de Tamchekett, ce qui témoigne, selon lui, de l’importance accordée à ce secteur.

Il a également indiqué que ce type de culture nécessite des infrastructures adaptées, notamment des barrages. À ce propos, il a affirmé que leur nombre est passé de 63 en 2019 à 190 en 2026.

S’agissant des oasis, le ministre a souligné que la Mauritanie dispose d’un programme national de développement des oasis et que la production augmente chaque année.

Selon lui, l’importation de palmiers a été suspendue pendant une période en raison des risques de contamination des oasis. Il a relevé l’existence d’insuffisances nécessitant la mise en place d’un dispositif de quarantaine et d’observation des palmiers par des équipes spécialisées, afin de s’assurer qu’ils ne sont pas porteurs de maladies susceptibles de détruire les palmeraies.

Pour sa part, le porte-parole du gouvernement a passé en revue les mesures sociales prises par l’État afin d’aider les populations à faire face à la crise. Douze milliards d’ouguiyas ont été consacrés à l’opération AOUN, bénéficiant à plus de 350 000 ménages inscrits au registre social. Il a précisé que les transferts monétaires de 45 000 ouguiyas sont répartis sur trois mois, tandis que la valeur des kits alimentaires distribués varie entre 40 000 et 50 000 ouguiyas.

Le porte-parole a indiqué que la lenteur observée au démarrage de l’opération a été surmontée, selon les indicateurs dont il dispose. Cinq mille familles ont déjà reçu leurs kits alimentaires, tandis que 50 % des bénéficiaires des transferts monétaires ont perçu leurs allocations.

Concernant le prix du carburant, il a déclaré que des mesures d’allègement ont déjà été prises, notamment la levée du couvre-feu imposé aux véhicules. Il a également indiqué que la situation tend à se stabiliser sur le plan international, avec un impact attendu sur les prix du carburant.

Par ailleurs, le porte-parole du gouvernement a souligné que la récente hausse du prix de l’eau ne concerne que 5 % de la population mauritanienne. Selon lui, 95 % des Mauritaniens consomment moins de 30 mètres cubes d’eau. Les autres en font, pour la plupart, un usage commercial.

Enfin, le porte-parole a rappelé que la Mauritanie a dépêché des membres du gouvernement dans plusieurs pays amis afin de promouvoir ses candidats aux postes de secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique et de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie.

Source:Agence Mauritanienne d’Information

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