Ministre des Affaires économiques : Entre 2019 et 2025, le taux de pauvreté a baissé de 1,5 % par an
Des membres du gouvernement ont commenté, mercredi soir, les résultats du Conseil des ministres, qui s’est déroulé plus tôt dans la matinée.
Il s’agit des ministres de la Culture, des Arts, de la Communication, des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, M. Houssein Ould Meddou, de l’Autonomisation des Jeunes, de l’Emploi, des Sports et du Service civique, M. Mohamed Abdallah Ould Louly, et des Affaires économiques et du Développement, M. Abdallah Ould Souleymane Ould Cheikh Sidiya.
Prenant la parole en premier, le porte-parole du gouvernement a indiqué que le Conseil a examiné et adopté plusieurs projets de loi, décrets et communications, dont ceux relatifs à la promotion, au développement et à l’encadrement des micros, petites et moyennes entreprises, à l’évolution de la pauvreté et des conditions de vie des ménages sur la période 2019-2025, au fonctionnement du Secrétariat national du contenu local, à l’organisation de l’Ordre national des notaires ainsi qu’aux maximas de service hebdomadaire du personnel enseignant des établissements secondaires, de l’Institut des hautes études islamiques et de l’École normale.
Il a ensuite invité ses homologues ministres, chacun en ce qui le concerne, à apporter davantage de précisions.
Interpellé par les journalistes, le ministre a déclaré que l’EPCV est un outil d’aide à la décision utile pour la lutte contre la pauvreté. Évoquant la baisse de la pauvreté, il a rappelé que la croissance moyenne durant la période couverte s’est établie à 5 %, tandis que celle enregistrée dans le reste du monde et chez les pays voisins s’est stabilisée à 3,5 %.
S’agissant de l’amélioration du climat des affaires, le ministre a affirmé que celle-ci est constante. Il a précisé que la Mauritanie a, dans ce sens, actualisé son Code des investissements ainsi que celui relatif au partenariat public-privé. Ce sont, d’après lui, autant de raisons qui font de la Mauritanie un pays attractif.
À sa suite, le ministre de l’Autonomisation des Jeunes est revenu sur les grandes lignes du projet de loi portant promotion, développement et encadrement des micros, petites et moyennes entreprises (MPME). Il a déclaré que ce texte s’inscrit dans le cadre des orientations du programme Taahoudaty et des objectifs de la stratégie nationale de promotion de l’entrepreneuriat et des MPME pour la période 2025-2030. Il vise, selon le ministre, à mieux organiser le secteur, à faciliter l’accès à l’accompagnement technique ainsi qu’aux financements, entre autres.
Le ministre a souligné que le projet de loi définit clairement les MPME, afin qu’il n’y ait plus d’ambiguïté. Cette définition prend notamment en compte le chiffre d’affaires, le total du bilan et le nombre d’employés. Il permet également d’accompagner ces MPME durant une phase intermédiaire, avant leur immatriculation et leur formalisation, pendant une période pouvant aller jusqu’à un an et demi.
Le ministre a affirmé que le nouveau cadre juridique permettra de favoriser la création d’emplois, notant qu’un rapport annuel sera établi sur ce sujet et présenté au Conseil des ministres.
S’agissant de l’accès aux financements, le ministre a souligné que divers mécanismes seront activés grâce à cette loi. Dans ce sens, il a précisé que les institutions financières disposant de lignes de crédit destinées à cette catégorie devront impérativement orienter ces fonds vers le financement des MPME.
Le ministre a relevé que plusieurs mesures administratives découleront du nouveau texte, notant qu’il s’inscrit dans le sillage d’autres décisions et actions relatives à l’investissement, à la protection sociale et à plusieurs missions partagées par différents ministères.
Répondant à plusieurs questions, le ministre a annoncé que plus de 22 000 jeunes ont bénéficié des différents programmes du ministère, dans le cadre des politiques visant à promouvoir la création d’opportunités d’emploi et l’accès des jeunes aux financements d’activités génératrices de revenus. Il a assuré que tout ce travail s’effectue dans la plus grande transparence. D’après lui, il suffit de consulter le site jobs.mr pour avoir accès à toutes les données. Ceux qui ont des griefs concernant la gestion de ces projets peuvent également, selon le ministre, saisir l’administration via la plateforme AIN.
Concernant le soutien aux associations, le ministre a indiqué que, là encore, la transparence est de mise. Ses équipes étudient divers critères, dont l’institutionnalisation, la gouvernance, la capacité d’action et le respect du cadre éthique, entre autres.
De son côté, le ministre des Affaires économiques a présenté les points saillants du rapport préliminaire résultant de l’Enquête permanente sur les conditions de vie des ménages (EPCV) 2019-2025. Il a rappelé qu’il s’agit d’une enquête réalisée tous les cinq ans, selon une méthodologie rigoureuse reconnue par les partenaires internationaux, tels que la Banque mondiale et le FMI. Selon lui, elle vise à mesurer la situation des ménages, précisant que les résultats montrent une tendance à la baisse de la pauvreté en Mauritanie.
D’après le ministre, la pauvreté monétaire est passée de 28 % en 2019 à 25 % en 2025, tandis que la pauvreté multidimensionnelle est passée de 60 % en 2019 à 56 % en 2025. Il a estimé que cette baisse est le fruit de l’amélioration de l’accès aux services publics : eau potable (39 % à 52 %) ; électricité (50 % à 57 %) ; carburant (51 % à 57 %) ; taux de scolarisation (81 % à 96 %) ; couverture sanitaire (68 % à 86 %) ; réduction de la distance entre les habitations et les centres de santé (51 % à 64 %).
Le ministre a estimé que les différentes politiques mises en place par le gouvernement ont permis de réaliser une baisse annuelle de la pauvreté de l’ordre de 1,5 %.
Il a souligné que le taux de 25 % constitue une réelle avancée, tout en reconnaissant qu’il reste encore beaucoup à faire en matière d’infrastructures, de financement des activités génératrices de revenus, de développement des chaînes de valeur et de généralisation de l’accès aux services.
Reprenant la parole, le porte-parole du gouvernement a présenté sa communication relative à la deuxième édition de la Semaine nationale de la culture et des arts, qui se déroulera du 28 juillet au 28 septembre 2026.
Il a indiqué que cet événement sera l’occasion de renforcer la place du patrimoine culturel national, de promouvoir le développement local, la cohésion sociale et le capital culturel tradi-moderne. Le programme sera rythmé par des prestations artistiques, des visites, des concours de récitation du Coran ainsi que des conférences portant sur diverses thématiques, notamment la citoyenneté et l’intelligence artificielle.
Par ailleurs, le porte-parole a présenté le projet de loi fixant les procédures d’organisation, de fonctionnement, de compétence et de composition de l’Ordre national des notaires. Le texte encadre le secteur et englobe l’ensemble des notaires du pays. Il vise à assurer un meilleur maillage territorial et à réduire la pression sur les notaires concentrés dans certaines zones, notamment à Nouakchott. Selon le porte-parole, les études notariales couvriront désormais davantage de régions du pays.
Pour ce qui est du projet de décret fixant la liste des actes relevant de la compétence exclusive des notaires, il a pour objectif de réduire les cas de falsification de documents, garantissant ainsi la régularité des actes et préservant, par la même occasion, les droits des parties.
En outre, le porte-parole du gouvernement a affirmé que le projet de décret modifiant certaines dispositions du décret fixant les maximas de service hebdomadaire du personnel enseignant des établissements secondaires, de l’Institut des hautes études islamiques et de l’École normale permettra d’augmenter la rémunération des heures supplémentaires, qui passera respectivement de 20 MRU à 200 MRU et de 30 MRU à 300 MRU.
Le porte-parole du gouvernement a également indiqué qu’un projet de décret a été adopté aujourd’hui concernant la composition et le fonctionnement du Secrétariat national du contenu local ainsi que du Conseil de gouvernance et de gestion. Cette structure sera chargée de coordonner la mise en œuvre des stratégies et des politiques de développement du contenu local. Il lui reviendra également d’en assurer le suivi et l’évaluation.
Répondant à quelques questions, le porte-parole du gouvernement a déclaré que la situation des citoyens mauritaniens récemment arrêtés au Mali est suivie de très près par les plus hautes autorités du pays. Il a précisé que les ministères des Affaires étrangères et de la Défense sont en contact direct avec les autorités maliennes afin que le nécessaire soit fait pour que ces Mauritaniens regagnent leur pays sains et saufs dans les meilleurs délais.
Quant au dialogue, il s’est réjoui de constater que les choses avancent. Il a rappelé qu’un consensus a récemment été trouvé entre les différentes parties et qu’un coordinateur a été désigné pour la suite du processus. Il a exprimé l’espoir que celui-ci se poursuivra normalement.
Source:Agence Mauritanienne d’Informatiom
