Ahmed Raissouni réaffirme «la marocanité de la Mauritanie»

En pleine controverse entre Marocains et Mauritaniens concernant Lagouira, Ahmed Raissouni réitère la «marocanité de la Mauritanie». L’ancien président de l’Union internationale des oulémas musulmans a affirmé à la presse que la Mauritanie est «une création de la France», soulignant que le Maroc n’a reconnu son indépendance qu’en 1969, neuf ans après sa déclaration.

Les déclarations de Raissouni ont été sévèrement critiquées par l’Association des oulémas mauritaniens. Dans un communiqué publié à Nouakchott, l’Instance a qualifié les propos de Raissouni de «singuliers, suspects et provocateurs», les considérant comme une atteinte à la souveraineté du pays.

L’Association a rappelé que «depuis le Ve siècle de l’Hégire, le pays n’a été soumis à l’autorité d’aucun État islamique, sauf celui des Almoravides. Or, cet État est né en Mauritanie, a étendu sa domination sur certains pays voisins et jusqu’en Andalousie».

L’Instance a également souligné que «de tels appels ne servent pas l’unité du monde musulman». Elle a enfin réaffirmé son «respect pour le Royaume du Maroc, son souverain, son gouvernement et son peuple», tout en insistant sur «l’importance de renforcer les liens de fraternité et de coopération entre les deux pays frères, dans l’intérêt commun et pour préserver sécurité et stabilité».

En 2022, Ahmed Raissouni avait qualifié l’existence de la république islamique de Mauritanie «d’erreur», prônant son «retour» sous souveraineté marocaine. «Je soutiens la position d’Allal El Fassi (ancien secrétaire général du Parti de l’Istiqlal).

Le Maroc doit récupérer ses frontières historiques. Avant la colonisation européenne, la Mauritanie faisait partie intégrante du Maroc», avait-il souligné, précisant que «l’allégeance des oulémas du pays de Chinguetti, soi-disant la Mauritanie, au trône marocain est évidente».

Les propos de Raissouni rappellent ceux de Hamid Chabat, en décembre 2016, sur la «marocanité de la Mauritanie».

Les positions de Raissouni sur la Mauritanie et Tindouf avaient provoqué une vague de protestations en Mauritanie et en Algérie. Face à l’ampleur des contestations, Raissouni a été contraint de démissionner de la présidence de l’Union internationale des oulémas musulmans, proche du Qatar.

Mohammed Jaabouk

Source: Yabiladi – Maroc

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