Face au chômage des jeunes, la Mauritanie tente de réconcilier université et entreprises

Face à un chômage des jeunes qui frappe particulièrement les centres urbains mauritaniens, les autorités accélèrent la mise en place de passerelles concrètes entre enseignement supérieur et monde économique.

Les autorités mauritaniennes cherchent à réduire le fossé entre formation académique et marché du travail. L’Université de Nouadhibou a organisé le jeudi 18 juin sa première journée portes ouvertes, en partenariat avec l’Agence nationale pour l’emploi (ANE).

L’événement s’est tenu au complexe universitaire du quartier Cansado, sous le thème « Ensemble, nous construisons des compétences et créons des opportunités ». Il a réuni des institutions économiques et sociales de la wilaya de Dakhlet Nouadhibou, capitale économique du pays.

L’objectif affiché est d’ouvrir aux étudiants et diplômés des horizons concrets sur les opportunités disponibles dans leur région. Mohamed Lemine Ould Hammadi, directeur de l’enseignement supérieur au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a indiqué que l’événement « incarne la volonté commune de renforcer les ponts de coopération entre l’université et son environnement économique et social ».

Le président de l’université, Mohamed Said Mohamed Sidiya, a précisé que l’établissement dispose d’accords avec des universités et institutions étrangères. Il entend développer des opportunités de qualification et d’emploi en lien étroit avec ses partenaires économiques locaux et régionaux.

L’urgence est documentée. Une étude Afrobarometer publiée en 2024 révèle que 47 % des jeunes mauritaniens n’ont pas d’emploi mais en cherchent un, dans un pays où plus de six habitants sur dix ont moins de 25 ans. Ould Hammadi a rappelé la nécessité « d’harmoniser les offres de formation avec les exigences du marché du travail », qu’il désigne comme « le principal thème fédérateur de cette rencontre ».

Cette initiative locale s’inscrit dans un effort national plus large engagé sur plusieurs fronts. La Mauritanie a ratifié en juillet 2025 un accord de financement avec l’Association internationale de développement (IDA) d’un montant de 44 millions USD pour renforcer ses systèmes éducatifs au Sahel.

Dans le même élan, le pays a obtenu 36 millions d’euros (environ 41 millions USD) de la Banque islamique de développement (BID) en mai 2025 pour aligner la formation professionnelle sur les besoins du marché. Ces engagements s’ajoutent à un bilan gouvernemental qui revendique 23 400 emplois créés en 2025, dont au moins 11 000 via le Projet d’employabilité des jeunes (PEJ) financé par la Banque mondiale.

Source:Agence Ecofin

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