Mauritanie : véritable risque d’implosion du parti Tawassoul

Senalioune – Le Rassemblement National pour la Réforme et le Développement (RNRD) Tawassoul, un parti d’opposition, est le second en Mauritanie, en termes de représentativité au sein de l’Assemblée nationale, après l’Union Pour la République (UPR), le parti au pouvoir.

Mais ce poids politique qui s’explique par la tendance du parti à l’arabisation extrême et à l’Islam excessif, qui conduit parfois à lui coller l’étiquette du parti « islamiste », est surestimé et ne reflète pas la popularité réelle de cette formation, surtout si l’on tient compte des facteurs de fraude et de l’achat des consciences auquel s’adonne Tawassoul sous le faux couvert de la solidarité islamique.

Le parti qu’on peut aussi qualifier d’« intégriste » se trouve par ailleurs aujourd’hui, dans une conjoncture d’implosion, qui pourrait être irréversible, après avoir décidé, non seulement de rejoindre imprudemment la concertation politique, mais à la suite de la décision irréfléchie de son Bureau Exécutif d’exclure une députée très active dans le milieu de lutte contre les disparités sociales, en l’occurrence Mme Saadane Mint Khaitour.

Aux dernières nouvelles et au titre de cette chute libre du parti islamiste de son orbite, des sources dignes de foi évoquent le retrait de certaines forces politiques de Tawassoul dont récemment le Bloc politique du Nord, dirigé par Dah Ould Sneiba.

A ce rythme, le parti se vide progressivement de ses partisants à un moment où d’autres poids lourds politiques accueillent les bras grands ouverts ses transfuges mécontents dont en premier le RAG de Biram Ould Dah Ould Abeid et d’autres formations politiques négromauritaniennes.

Une implosion qui risque de s’accentuer après cette exclusion faite par le parti d’une parlementaire ayant reproché à ses leaders des faits avérés, principalement leur démission quant à la lutte contre l’esclavage et les disparités sociales dont les victimes réaliseront à travers cette grosse erreur, qu’ils ne peuvent plus fonder leurs espoirs sur un parti qui observe le silence total sur la persistance de ces tares sociales bien enracinées, se consacrant plutôt à rechercher un part du gâteau dans la très controversée concertation politique et l’utopique gouvernement d’union nationale auquel elle pourra naturellement conduire, pour mériter réellement cette appelation.

Cette descente aux enfers du parti Tawassoul intervient moins de trois mois, après ces sorties publiques de ses leaders, au cours de tournées effectuées dans les régions de l’intérieur du pays, où il a été question du renforcement des bases du RNRD.

Les élections législatives et municipales de novembre et décembre 2013 avaient consacré le parti Tawassoul, branche nationale des Frères Musulmans, comme deuxième force politique du pays, rappelle-t-on.

Le boycott des élections par une grande partie de l’opposition avait favorisé cette ascension spectaculaire du parti islamiste, qui sera toutefois persécuté et laminé par l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz au cours de la décennie passée dite de corruption, avant de trouver une bouée de sauvetage dans son successeur, en l’occurrence Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, sous le règne duquel, il bénéficie d’une clémence politique.

Par Oumlbenina Mint Bamba

Keita

leader des jeunes

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