Edy Ould Zeine sur le secteur minier : « La corruption n’existe pas en Mauritanie »
Paris a accueilli les 7 et 8 juillet le neuvième sommet annuel Mining On Top Africa sous le thème : « Sécuriser l’avenir minier de l’Afrique: Souveraineté, durabilité et partenariats globaux ». Dans une interview accordée à la rédaction de Weer Bi, le Ministre mauritanien des Mines et de l’Industrie a défendu le secteur minier de son pays face aux agences de notations. Selon Edy Ouls Zeine, la corruption n’existe pas en Mauritanie.
Quel est l’objectif de votre participation à ce forum ?
Nous participons au MOTA, un forum international sur les ressources minières en Afrique, pour démontrer nos capacités aux investisseurs et renforcer la confiance des partenaires techniques et financiers.
Nous avons assisté à des témoignages particulièrement éloquents de la part d’entreprises de diverses nationalités qui exploitent les mines en Mauritanie, ce qui va renforcer la confiance des futurs partenaires. J’ai d’ailleurs été surpris par le nombre d’audiences sollicitées pendant ces deux jours de forum par les investisseurs étrangers. Je m’en réjouis, et je pense que la Mauritanie est en mesure de répondre aux attentes des différents investisseurs. Notre climat des affaires est incitatif, sécurisant et stable. La Mauritanie bénéficie d’un positionnement géographique favorable, ainsi que d’une stabilité sécuritaire et politique reconnue.
Je lance donc un appel à tous ceux qui souhaitent coopérer avec la Mauritanie autour de projets gagnant-gagnant et de la transformation locale. Cet appel entre dans le cadre des instructions du président de la République qui sont claires en matière d’investissement au service de la croissance. Pour soutenir les entreprises minières, nous envisageons de partager les coûts d’exploitations en mettant en place des dispositifs incitatifs pour toutes les entreprises.
Quelle est la vision du président de la République pour le secteur minier mauritanien ?
Le président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, considère le patrimoine minier comme l’un des piliers essentiels de l’économie mauritanienne. Il invite tous les partenaires à investir, et surtout à créer de la valeur ajoutée localement – un élément essentiel pour soutenir le développement du pays et permettre aux Mauritaniens de bénéficier pleinement de ces richesses. Sa vision, résolument innovante, vise le marché africain comme le marché international, à travers une exploitation et une transformation locales de la matière première, au bénéfice des territoires concernés et de la Mauritanie dans son ensemble.
Sur quels leviers la Mauritanie doit-elle s’appuyer pour développer son secteur minier ?
La vision de la République islamique de Mauritanie est claire. Il s’agit de multiplier les investissements dans les projets qui favorisent la production et réduisent les coûts et les capex des entreprises — eau, électricité, transport, fiscalité, etc. — tout en renforçant la sécurité au service de la production. La Mauritanie met en place l’environnement propice à une bonne exploitation minière, et nous invitons les opérateurs à venir investir dans des conditions favorables et dans un cadre sain.
La Mauritanie réforme actuellement son code minier. Qu’est-ce qui motive cette réforme ?
Nous avons initié une réforme du cadre juridique afin de l’adapter aux exigences actuelles du secteur. C’est un exercice que nous menons régulièrement, en large concertation avec nos partenaires, car il ne sert à rien d’appliquer des textes qui ignorent les évolutions du secteur. Nous mettons donc à jour ce cadre pour qu’il corresponde au contexte actuel, en prévoyant toutes les formes de coopération et de partenariat pour l’exploitation minière en Mauritanie.
Selon plusieurs agences de notation, la corruption serait développée en Mauritanie. Que leur répondez-vous ?
Je ne pense pas que la corruption existe en Mauritanie, et rien ne prouve l’existence de cas avérés. C’est une idée reçue que certains partenaires se sont forgée à propos du secteur minier mauritanien, faute d’être bien informés. J’invite d’ailleurs tout le monde à venir vérifier par eux-mêmes : ils constateront qu’il existe un accès direct au ministère des Mines et à toutes les informations nécessaires pour exploiter dans les meilleures conditions. Une fois sur place, aucun investisseur ne sera surpris par une mesure nouvelle, qu’il s’agisse de nationalisation ou de fiscalité. C’est précisément ce que recherchent les investisseurs, et c’est aussi notre intérêt, car cela nous permet de générer de la valeur ajoutée. Je maintiens que ces notations ne reflètent pas la réalité : le climat des affaires en Mauritanie est l’un des meilleurs de la sous-région.
Quelles sont les nationalités des entreprises présentes en Mauritanie ?
De nombreuses entreprises exploitent les ressources minières en Mauritanie, notamment des entreprises chinoises, sud-africaines et françaises. Elles sont toutes titulaires de permis d’exploitation. Nous nous apprêtons d’ailleurs à débloquer plus de sept nouveaux permis. Plusieurs les continents sont représentés, ce qui constitue un excellent indicateur.
Comment la Mauritanie compte-t-elle développer le contenu local dans le secteur minier ?
Nous avons pris des dispositions strictes, fondées sur des principes clairs : à compétence égale et à coût égal, nous privilégions les nationaux face aux étrangers. C’est un principe auquel nous ne dérogeons pas. Pour soutenir l’employabilité des Mauritaniens, nous allons multiplier les centres de formation professionnelle et technique, encourager les entrepreneurs locaux à investir dans le secteur minier afin qu’ils puissent proposer des prestations de services et remporter des marchés et ainsi développer le contenu local. Nous n’imposons pas aux entreprises de recruter du personnel non qualifié, mais lorsque des compétences locales existent, elles doivent être prises en compte, que ce soit en termes d’apports ou de prestations de services.
Existe-t-il une entreprise en Mauritanie qui illustre bien cette promotion du contenu local, et à quel taux ?
La mine d’or de Tasiast, exploitée depuis 2010 Par Kinross Gold Corporation à travers sa filiale Tasiast Mauritanie Limited SA, est aujourd’hui un excellent exemple dans la promotion du contenu local. Elle emploie des Mauritaniens à hauteur de 98 %.
Propos recueillis par Oumar BA (weerbijournal@gmail.com
Source:Keur Massar Actu-Sénegal
